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Politique de l’autruche & Convention d’Aarhus

Sustainable Development Goal 6 (UN), Protocol on Water an Health (UNECE & WHO), Green deal (EU) & Blue deal (VG) ?

Perchlorate, chlorate, métabolites de pesticides, et autres substances toxiques ?

SOS Water ! Eau Secours !

Même la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur la pollution de l’eau, « une crise invisible » et appelle à mieux savoir mesurer la qualité de l’eau dans le monde et à ce que cette information soit systématiquement diffusée au public. « Les citoyens ne peuvent pas agir s’ils ne sont pas informés de la situation. Il est clair que le statut de pays à haut revenu n’immunise pas contre des problèmes de qualité de l’eau. Non seulement une diminution de la pollution ne va pas de pair avec la croissance économique mais l’éventail de polluants tend à augmenter avec la prospérité d’un pays » (cf. Rapport de la Banque Mondiale –  « Qualité inconnue : l’invisible crise de l’eau » – 20 août 2019).

Comment cette problématique est-elle gérée par l’Union européenne et ses pays membres ?

Voici quelques éléments de réponse ciblés sur (1) le perchlorate, (2) le chlorate, (3) les métabolites de pesticides, et (4) quelques autres substances toxiques potentiellement présentes dans l’eau potable. Une synthèse d’informations obtenues directement auprès des autorités compétentes concernées, au regard des législations européennes applicables aux eaux et/ou denrées alimentaires, soit (1) la DIRECTIVE 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (dont les eaux de table ou eaux de boisson en bouteille), et sa refonte, la DIRECTIVE (UE) 2020/2184, (2) la DIRECTIVE 2009/54/CE relative à l’exploitation et à la mise dans le commerce des eaux minérales naturelles (et des eaux de source) (Refonte) (+ transpositions en droit belge : AR du 8/02/1999AR du 15/12/2003AR du 2/04/2021 + ERRATUM publié le 17/06/2021) (3) la DIRECTIVE 2013/51/EURATOM fixant des exigences pour la protection de la santé de la population en ce qui concerne les substances radioactives dans les eaux destinées à la consommation humaine, (4) la DIRECTIVE 2000/60/CE ou Directive-cadre sur l’eau (CDE), établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau, (5) le RÈGLEMENT (CE) No 396/2005 concernant les limites maximales applicables aux résidus de pesticides présents dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d’origine végétale et animale, (6) le RÈGLEMENT (CE) No 1881/2006 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, (7) le RÈGLEMENT (CE) No 1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, (8) le RÈGLEMENT (UE) 2020/685 en ce qui concerne les teneurs maximales en perchlorate dans certaines denrées alimentaires, et (9) le RÈGLEMENT (UE) 2020/749 en ce qui concerne les limites maximales applicables aux résidus de chlorate présents dans ou sur certains produits.

(1) Perchlorate

Le perchlorate est un contaminant problématique des eaux et des denrées alimentaires, de type perturbateur endocrinien, lié aux activités militaires (comburant, munitions), pyrotechniques (explosifs), qui est également présent sous forme d’impureté dans de nombreux produits comme l’eau de Javel, le chlorate de soude ou les nitrates inorganiques du Chili.

La Commission européenne a publié en 2015 une RECOMMANDATION sur le suivi de la présence de perchlorate dans les denrées alimentaires, dont les boissons, y compris les eaux (cf. RECOMMANDATION (UE) 2015/682).

Concernant les denrées alimentaires, le perchlorate fait l’objet de critères légaux allant jusqu’à 10 µg/kg pour les aliments pour nourrissons (cf. RÈGLEMENT (UE) 2020/685).

Mais, curieusement, ce polluant a été totalement oublié dans la nouvelle DIRECTIVE (UE) 2020/2184 sur la qualité des eaux de consommation humaine.

Au niveau mondial, le perchlorate fait pourtant l’objet de normes strictes dans des législations ou des recommandations sur l’eau potable en Amérique du Nord, comme en Californie (1 µg/l), dans le Massachussetts (2 µg/l), et au Canada (4 µg/l), ou en Europe comme en Suisse (4 µg/l). La France a fixé un critère de potabilité de 15 µg/l pour les adultes, et de 4 µg/l pour les nourrissons. Le dépassement du critère de 4 µg/l à Lille, capitale de la Flandre française, a amené le Préfet du Département du Nord à préconiser de ne pas utiliser l’eau du robinet pour les nourrissons.

En Belgique, en 2020, avec cinq autorités compétentes dans le domaine, la situation est confuse, et il s’avère quasi impossible pour un citoyen de connaître la teneur en perchlorate de l’eau du robinet ou en bouteille… A moins de faire une analyse lui-même, ou de demander le respect de ses droits d’accès à l’information en matière d’environnement, liés à la Convention d’Aarhus ?

Concernant la Région wallonne, c’est grâce à une demande du respect de cette Convention d’Aarhus, qu’un rapport scientifique sur les risques posés par certaines substances émergentes sur l’eau distribuée (Projet SEMTEP) a été rendu public en novembre 2020 par la Ministre Céline Tellier. Ce rapport SEMTEP mentionne que 12 masses d’eau souterraines, des 34 masses d’eau que compte la Wallonie, présentent des sites avec des concentrations en perchlorate supérieures à 5 µg/l. Et 3 masses d’eau présentent des sites avec des concentrations supérieures à 15 µg/l (…).

-> à suivre…

(2) Chlorate

Le chlorate, est un herbicide maintenant heureusement interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité et sa rémanence dans les nappes phréatiques. Mais il reste malheureusement un sous-produit fréquent de techniques de désinfection de l’eau par chloration qui continue à impacter la chaîne alimentaire.

Citons par exemple le cas des lots de filets de poisson surgelé qui ont dû faire l’objet d’un RAPPEL DE PRODUIT par l’Agence Fédérale (belge) pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) à cause de la présence de chlorate (cf. dépassement du critère de 10 µg/kg)(cf. communication de l’AFSCA du 03/03/2022).

Les problèmes de contamination des aliments par des eaux traitées par chloration ont amenés les autorités européennes à publier une nouvelle législation, le RÈGLEMENT (UE) 2020/749 qui revoit à la hausse la limite maximale applicable aux résidus de chlorate pour série de denrées alimentaires, par exemple à 50 µg/kg pour les pommes de terre et les céréales. Mais la limite plus stricte de 10 µg/kg a priori applicable par défaut à tout pesticide interdit (cf. RÈGLEMENT (CE) No 396/2005) reste d’actualité pour les produits non listés dans le règlement (UE) 2020/749 comme le poisson congelé et pour les denrées alimentaires destinées aux nourrissons (cf. ACTION PLAN maintaining the MRLs of chlorate for foods intended to infants and young children at 0,01 mg/kg).

Concernant les produits alimentaires issus de l’agriculture biologique (cf. commercialisés sous certification BIO), et dont le marché est protégé par des Règlements européens complétés par des mesures d’application nationales et/ou régionales, le critère par défaut pour le chlorate, en tant que pesticide interdit, devrait a priori être de 10 µg/kg. Mais dans la pratique, ces législations sont confuses et sujettes à interprétation de la part des autorités compétentes ou des organismes de certification comme CERTISYS, INAO, AöL et/ou BIO SUISSE.

De son côté, la nouvelle DIRECTIVE (UE) 2020/2184 sur la qualité des eaux de consommation humaine (refonte de la DIRECTIVE 98/83/CE), considère enfin des normes pour le chlorate, mais celles-ci sont très peu ambitieuses, allant jusqu’à 700 µg/l pour des eaux traitées par chloration, soit la norme de l’OMS qui est 70 fois plus laxiste que la norme européenne de 10 µg/kg pour les denrées destinées aux nourrissons.

Dans certains pays, le chlorate fait par contre l’objet de normes ou législations nationales nettement plus strictes, notamment au Danemark (50 µg/l) et aux Pays-Bas (70 µg/l), où les autorités compétentes ont favorisé ou imposé, de longue date, des méthodes alternatives à la chloration de l’eau.

Concernant les « eaux minérales naturelles » et les « eaux de source« , en particulier celles dont la mention « convient pour la préparation des aliments des nourrissons » est autorisée sur l’étiquetage, dans le cadre de la législation belge applicable (cf. ERRATUM publié le 17/06/2021 de l’AR du 2/04/2021 ) le critère par défaut pour le chlorate, en tant que pesticide interdit, devrait a priori être de 0.1 µg/l. Encore faut-il que ce paramètre soit contrôlé, ce qui ne semble pas être le cas d’après la réponse reçue de la « Commission fédérale de recours pour l’accès aux informations environnementales » (cf. Décision n° 2022-1)

En Belgique, avec cinq autorités compétentes concernées, la situation est confuse, et il s’avère quasi impossible pour un citoyen de connaître la teneur en chlorate de l’eau du robinet ou en bouteille… A moins de faire une analyse lui-même, ou de demander le respect de ses droits d’accès à l’information en matière d’environnement liés à la Convention d’Aarhus ?

-> à suivre…

(3) Métabolites de Pesticides

Les produits phytopharmaceutiques, ou pesticides, sont composés de « substances actives » et d’adjuvants (ou « inertes »). Les substances actives sont soumises à une réglementation européenne, tandis que les produits pesticides mis sur le marché (formulation protégée par le secret commercial et/ou de fabrication) sont soumis à des législations propres à chaque pays membre de l’Union européenne.

Dans les faits, beaucoup de substances actives de pesticides se retrouvent dans les eaux sous forme de produits de dégradation ou de transformation appelés « métabolites ». Ces métabolites sont souvent négligés, alors qu’ils peuvent s’avérer très problématiques, car persistants et au moins aussi toxiques que les substances mères.

Par ailleurs, les « adjuvants » ajoutés aux substances actives, appelés abusivement « inertes », comme des solvants et des surfactants, ou leurs produits de dégradation ou de transformation, ou des « impuretés », sont pour certains au moins aussi dangereux que les substances actives, et les effets synergiques ou « cocktails », sont malheureusement négligés dans les évaluations de toxicité et d’écotoxicité.

Les législations nationales, ou régionales, sur la qualité de l’eau de consommation humaine des pays membres de l’Union européenne dérivent toutes de la DIRECTIVE 98/83/CE qui prévoit un critère de qualité de 0,1 µg/l par molécule individuelle de pesticide organique (dans le sens « substance active ») et de ses éventuels métabolites pertinents*, et de 0,5 µg/l pour la somme des pesticides organiques et de leurs métabolites pertinents*. Par ailleurs, cette même DIRECTIVE impose un critère plus sévère (0,030 µg/l) à 4 pesticides organiques nommément mentionnés qui sont également repris dans l’annexe A de la Convention de Stockholm (cf. Aldrine,  Dieldrine, Heptachlore et Heptachlorépoxyde).

Les deux métabolites de pesticides organiques plus fréquemment considérés dans les rapports officiels sont la « Déséthyl Atrazine » (métabolite de l’Atrazine), et le « 2,6-dichlorobenzamide » ou « BAM » (métabolite du Dichlobenil et du Fluopicolide). Ce sont aussi les deux seuls métabolites repris dans la liste de 13 pesticides organiques considérés dans les rapports de synthèse de la Commission européenne. Curieusement, seuls deux « Rapports de synthèse sur la qualité de l’eau potable dans l’Union européenne » ont été publiés à ce jour par la Commission pour les périodes 2008-2010 et 2011-2013. Et dans les derniers rapports « Examen de la mise en oeuvre de la politique environnementale de l’UE 2019 – Rapport par pays », pour la Belgique, comme pour la France, les informations concernant l’eau potable sont plutôt laconiques : « aucune nouvelle donnée n’est disponible / ou n’a été communiquée depuis l’EIR de 2017 » (…).

Interrogées en 2020, ni la Commission européenne, ni l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ne sont en mesure de transmettre des informations consolidées et actualisées sur le sujet des métabolites de pesticides (pertinent* ou non) potentiellement présent dans les eaux de consommation humaine.

Pourtant, au moins 22 autres métabolites de pesticides organiques ont été documentés comme problématiques dans les eaux, notamment pour le Metolachlore (2), le Metazachlore (2), le Chloridazon (2), le Thiaclopride (3), le Propiconazole (4), et le Chlorothalonil (9). Et certains sont d’ailleurs repris dans des législations nationales ou des normes officielles sur les eaux potables, comme au Danemark, en France , au Luxembourg ou en Suisse.

Liste des métabolites de pesticides avec statut de pertinence en FRANCE (Anses – 1er février 2022)

En Belgique, la situation est confuse, et il s’avère quasi impossible pour un citoyen de connaître la teneur en métabolites de pesticides de l’eau du robinet ou de l’eau en bouteille (eau minérale naturelle, eau de source & eau de table). Seul un Avis du Comité scientifique (SciCom) de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) mentionne un dépassement du critère de 0.1 µg/l pour le BAM dans une eau minérale naturelle, et un Rapport de la Région wallonne mentionne des dépassements de ce critère dans l’eau du robinet à Wavre, Perwez et Beauvechain.

Après vérification auprès des cinq autorités compétentes belges concernées, on constate qu’en 2020, la plupart des métabolites de pesticides sont gérés soit en les ignorant, comme au niveau fédéral (SPF Santé & AFSCA), en Région de Bruxelles-Capitale, ou en Région wallonne, soit, comme en Région/Communauté flamande, en leur attribuant un critère 45 fois moins sévères (cf. 4.5 µg/l au lieu de 0.1 µg/l) considérant qu’ils ne sont pas pertinents* (cf. Lijst relevante en niet-relevante metabolieten)*.

Valeurs de précaution déterminées pour les métabolites jugés « non pertinents » en Région/Communauté flamande

Aux Pays-Bas, ce dernier raisonnement est également appliqué notamment pour les métabolites BAM et AMPA, mais en leur attribuant un critère un peu moins laxiste (cf. 1 µg/l au lieu de 0.1 µg/l)(cf. Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu – RIVM – Stuurgroep Normstelling water en lucht – beleidsmatig vaststellen niet-relevantie van metabolieten van gewasbeschermingsmiddelen – 27/03/2020).

A partir de la période de septembre 2021, en Région de Bruxelles-Capitale, les rapports disponibles publiquement, sur la page Qualité de l’eau du site internet de VIVAQUA, mentionnent 8 métabolites de pesticides, en leur attribuant un critère 100 fois moins sévères (cf. 10 µg/l au lieu de 0.1 µg/l) considérant qu’ils ne sont pas pertinents*.

Extrait du Rapport d’essai N° 21-6121 concernant le Réservoir d’Ixelles pour la période Décembre 2020
Extrait du Rapport d’essai N° 21-6289 concernant le Réservoir d’Ixelles pour la période Juillet 2021
Extrait du Rapport d’essai N° 21-6377 concernant le Réservoir d’Ixelles pour la période Novembre 2021
Synthèse et comparatif de données du Département eau potable de l’intercommunale inBW (Province du Brabant wallon), du Service Public de Wallonie (Région wallonne), de VIVAQUA (Région de Bruxelles-Capitale) et des Agences régionales de santé (ARS) de la Région Hauts-de-France et de la Région Bourgogne-Franche-Comté (France)

On note de grandes différences entre la BELGIQUE et la FRANCE en terme de transparence dans le domaine des pesticides dans les eaux de consommation humaine. (1) L’autorité fédérale belge (cf. le Service Public Fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement) n’a toujours pas diffusé publiquement sa liste de pesticides et métabolites de pesticides à surveiller avec les éventuels critères à appliquer pour des métabolites problématiques qu’elle considérerait « non pertinents » (cf. Décision n° 2022-1 et Décision n° 2022-6 de la « Commission fédérale de recours pour l’accès aux informations environnementales« ). (2) Contrairement à la situation en France avec les Agences Régionales de Santé (ARS), ce ne sont pas les autorités compétentes régionales wallonnes, bruxelloises et/ou flamandes qui organisent les contrôles de la qualité des eaux de distribution sur leur territoire régional, mais bien les opérateurs eux-mêmes avec, dans la plupart des cas, leurs propres laboratoires, comme VIVAQUA à Bruxelles et/ou la SWDE en Région wallonne. (3) Contrairement à la situation en France avec le site OROBNAT, il n’existe pas en Belgique de système centralisé disponible publiquement reprenant l’ensemble des rapports d’essai complets et détaillés pour le territoire national et/ou régional.

Carte de la France extraite du site du « Ministère de la santé et de la prévention » qui donne accès à la base de données OROBNAT avec les résultats d’analyses détaillés de la qualité des eaux potables pour chaque commune dans les différentes Régions et/ou Départements du territoire européen de la France (Métropole) et d’outre-mer.
Carte de la Belgique, un Etat fédéral composé trois Régions : la Région Bruxelles-Capitale, la Région flamande et la Région wallonne. L’état fédéral est l’autorité compétente pour l’eau utilisée dans le secteur agroalimentaire et c’est le « Service Public Fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement » qui (1) délivre les agréments pour la mise sur le marché des « pesticides à usage agricole » de même que les agréments pour la mise sur le marché des « eaux minérales naturelles » et des « eaux de source« , dont celles dont la mention « convient pour la préparation des aliments des nourrissons » est autorisée sur l’étiquetage (…), et qui (2) devrait a priori assurer la coordination entre les quatre autres autorités compétentes belges concernées par la qualité des eaux de consommation humaine (cf. l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire, ou AFSCA, et les 3 Régions). Les trois Régions sont les autorités compétentes concernant l’eau de distribution sur leur territoire.
Listes des 31 ou 27 pesticides recherchés par l’AFSCA en 2020 (cf. données transmises par Email en 2020 suite à ma demande), liste de 20 pesticides « obligatoires » à rechercher par les opérateurs situés en Région wallonne (cf. Circulaire DE/2004/1), listes des 33 et 32 pesticides recherchés par VIVAQUA, l’opérateur exclusif situé en Région de Bruxelles-Capitale, en 2018 et 2019 (cf. données transmises par Email en 2018 et 2019 suite à ma demande – ATTENTION le BAM est considéré comme « non pertinent » par VIVAQUA) et liste de 13 pesticides considérés dans les rapports de synthèse de la Commission européenne. En Région/Communauté flamande la plupart des métabolites problématiques observés, dont le BAM sont maintenant considérés comme « non pertinents » avec application d’un critère de précaution fixé à 4.5 µg/l (au lieu du critère de 0.1 µg/l s’ils avaient été considérés « pertinents » comme c’était le cas auparavant, et comme c’est le cas actuellement en France, au Luxembourg, au Danemark et/ou en France)

Une plus grande transparence envers le citoyen, ses représentants élus, la justice et la presse au sujet des métabolites de pesticides potentiellement problématiques dans les eaux de consommation humaine devrait permettre de sauvegarder ou d’améliorer la qualité de ce bien commun vital, via une mise en avant d’éventuels problèmes et l’adoption d’actions correctives et préventives ad-hoc.

– Premier exemple en Région Hauts-de-France, avec la publication sur le site de la radio télévision publique FRANCE 3 d’un article mentionnant la « plainte contre X » déposée par le Maire de la Commune de Beaurevoir (cf. Département de l’Aisne), au sujet des dépassements du critère de 0.1 µg/l pour les métabolites du chloridazon dans l’eau potable distribuée dans sa Commune (cf. rapport du prélèvement du 7/01/2022 disponible sur le site OROBNAT pour la Région Hauts-de-France du Ministère chargé de la santé).

Pour information, dans la Commune voisine de Gouy, la notification « La consommation d’eau est déconseillée aux nourrissons de moins de six mois » est reprise dans le rapport d’analyse officiel de l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour cause du dépassement du critère de 4 µg/l pour le perchlorate (cf. rapport du prélèvement du 31/03/2022 disponible sur le site OROBNAT pour la Région Hauts-de-France du Ministère chargé de la santé).

– Deuxième exemple en Région Bourgogne-Franche-Comté, avec la publication sur le site de la radio télévision publique FRANCE 3 d’un article concernant 13 Communes du Département du Jura qui ne peuvent plus consommer l’eau du robinet à cause du dépassement du critère de 0.1 µg/l pour un des métabolites du métolachlore. Voici la notification indiquée sur le rapport officiel de l’Agence Régionale de Santé (ARS) concernant la Commune de Montmirey-le-Château : « Eau d’alimentation non-conforme aux limites de qualité. Les substances suivantes sont présentes à des concentrations qui dépassent la limite de qualité de 0,1 µg/l. Les concentrations mesurées, conduisent à un suivi renforcé. Substance(s) identifiée(s) : – ESA METOLACHLORE (0,261 µg/l); Les substances suivantes sont également présentes mais leurs concentrations ne dépassent pas le seuil réglementaire : Substances identifiées : – METOLACHLORE NOA (0,093 µg/l). – DIMETHENAMIDE ESA (0,014 µg/l). – OXA METOLACHLORE (0,088 µg/l). Des mesures de restriction des usages de l’eau ont, été prises. L’eau ne doit pas être utilisée pour les usages alimentaires et la préparation des aliments » (cf. rapport du prélèvement du 27/04/2022 disponible sur le site OROBNAT pour la Région Bourgogne-Franche-Comté du Ministère chargé de la santé).

– Troisième exemple en Région Bretagne, avec le site de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Bretagne qui fait le point sur la situation des métabolites des pesticides dans l’eau de distribution (cf. point au 30/04/2022) .

Extrait :  » La recherche étendue de pesticides (substances actives et métabolites) a été mise en œuvre en Bretagne au 1er avril 2021 lors du nouveau marché public des eaux. Après plus d’une année de mise en œuvre, notre connaissance de la qualité de l’eau distribuée concerne plus des trois quarts du réseau public, soit 96% de la population. Elle indique que :

·        53% des bretons sont alimentés par une eau conforme en ESA-métolachlore ;

·        13% des bretons ont été alimentés par une eau ponctuellement non conforme sans restriction d’usage ;

·        30% des bretons sont alimentés par une eau non conforme en ESA-métolachlore, mais sans dépassement de la valeur sanitaire de la molécule et donc sans restriction d’usage.

Conformément à la réglementation, sur demande de l’ARS, les producteurs et distributeurs d’eau impactés par des non-conformités persistantes en ESA-métolachlore doivent définir un plan d’actions (amélioration des unités de traitement, recherche de ressources moins impactées…) engageant un retour à la conformité de l’eau distribuée.

Ces mesures curatives et préventives sont encadrées par un arrêté préfectoral autorisant la distribution et la consommation de l’eau pendant 3 ans (renouvelable une fois).« 

– Quatrième exemple en Région Grand Est, avec l’article du média numérique indépendant « Rue89 Strasbourg » (cf. article « À Hoerdt et alentours, des pesticides au-dessus des seuils réglementaires dans l’eau du robinet » publié le 27/07/2022 à 06h00) qui mentionne des problèmes dans le Département du Bas-Rhin (cf. Collectivité européenne d’Alsace):

 » De l’eau avec plus de pesticides qu’autorisé coule des robinets des 14 584 habitants de Hoerdt, Bietlenheim, Geudertheim, Gries, Kurtzenhouse et Weyersheim. Cette eau provient de quatre forages situés à Bietlenheim, exploités par le Syndicat des eaux et de l’assainissement d’Alsace Moselle (SDEA). Tous ces forages présentent des taux de concentration en pesticides et métabolites – des composants nés de la dégradation des pesticides dans l’environnement – supérieurs à la réglementation. La communauté de communes de la Basse-Zorn (CCBZ), qui regroupe ces villages situés au nord de Strasbourg, a ainsi obtenu de la préfecture du Bas-Rhin et de l’Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est, un arrêté dérogatoire, jeudi 21 juillet (voir ci-dessous), afin de continuer à distribuer cette eau non-conforme, et ce pour une durée de trois ans, en l’absence « d’autres moyens raisonnables immédiats « .

Après vérification des rapports d’essai détaillés disponibles sur le site OROBNAT pour ces communes voisines de Strasbourg, il est à noter (1) que les métabolites du « Chlorothalonil » n’ont pas été analysés, et (2) que le prélèvement effectué à Bietlenheim le 23/06/2022 à 9h44 a révélé le dépassement du critère de 0.1 µg/l pour le pesticide « Anthraquinone » avec mention dans les « conclusions sanitaires » du rapport : « De nouvelles analyses de contrôle sont commandées afin de vérifier le retour à une situation normale« .

De manière plus générale, la nouvelle DIRECTIVE (UE) 2020/2184, qui va devoir être implémentées dans les législations nationales et/ou régionales des pays membres de l’Union européenne, reprend les mêmes critères de la DIRECTIVE 98/83/CE, mais ajoute ce qu’il faut considérer comme métabolite de pesticide pertinent*, soit : « tels que définis à l’article 3, point 32), du RÈGLEMENT (CE) No 1107/2009 ( …) un métabolite de pesticide est jugé pertinent pour les eaux destinées à la consommation humaine s’il y a lieu de considérer qu’il possède des propriétés intrinsèques comparables à celles de la substance mère en ce qui concerne son activité cible pesticide ou qu’il fait peser (par lui-même ou par ses produits de transformation) un risque sanitaire pour les consommateurs ».

On passe ainsi explicitement, avec cette refonte de la DIRECTIVE, d’un critère de qualité pour la « substance active » (cf. substance mère), à une notion de toxicité sur l’homme pour ses métabolites (cf. risque sanitaire pour les consommateurs). Pourtant, l’accumulation de ces multiples métabolites dans les eaux pourrait conduire à des effets cocktails potentiellement néfastes pour l’homme et les autres êtres vivants qui sont encore peu étudiés, et non maîtrisés. Effets cocktails qui expliquent peut-être en partie la chute inquiétante de biodiversité observée ces dernières années.

En l’absence de données de toxicité ou d’écotoxicité, certaines autorités compétentes risquent de facto de continuer à considérer les métabolites de pesticides problématiques comme non pertinents*, alors qu’ils sont éventuellement plus toxiques que certaines substances actives auxquelles s’appliquent d’office le critère de 0.1 µg/l (cf. par exemple avec le métabolite BAM qui est a priori plus toxique que la substance active Glyphosate – critère toxicologique de 66 µg/l vs 900 µg/l – source: Anses).

Dans son récent rapport « Eau et agriculture : vers des solutions durables », l’Agence européenne pour l’environnement mentionne la problématique des métabolites de pesticides, mais reste malheureusement très lacunaire (cf. EEA Report No 17/2020).

« Active substances used in both plant protection products and biocides are approved at EU level and refer to products such as herbicides, insecticides and fungicides. While thresholds apply to single active substances, knowledge of their combined effects (in mixtures) is rare. Mixtures could reach harmful levels, even if the concentrations of individual substances are below a given threshold (EEA, 2018a; ICF et al., 2019). Furthermore, the toxicity of metabolites or transformation products from a pesticide substance may pose a higher risk to organisms and humans than the pesticide itself. »

« The new Drinking Water Directive will also establish a watch list of substances in response to growing concerns over the effects on human health of pesticide metabolites and emerging pollutants, such as endocrine disruptors, pharmaceuticals and microplastics (EC, 2018a). Drinking water utilities and bottled water companies across Europe have increasingly engaged with the agricultural sector to find cost-effective ways of reducing pollution risks (Box 4.4). »

Par ailleurs, interrogée en 2021 par le Parlement européen sur son objectif et sa définition du « zéro pollution » pour l’eau, l’air, les sols et les denrées alimentaires, la réponse de Commission européenne est très étonnante.

  • Réponse donnée par Mme Stella Kyriakides au nom de la Commission européenne (1er Juin 2021)

-> à suivre…

(4) Autres substances toxiques

A côté des biocides et/ou pesticides mentionnés plus haut, des dizaines de milliers d’autres substances chimiques d’origine naturelle ou synthétique sont susceptibles d’entraîner des menaces pour l’environnement, la biodiversité, et la santé de nombreux êtres vivants dont Homo sapiens.

L’Union européenne a classé comme substances dangereuses, définies comme métaux lourds, tout composé de mercure (Hg), de plomb (Pb), de cadmium (Cd), d’arsenic (As) d’antimoine (Sb), de chrome hexavalent (Cr VI), de cuivre (Cu), de nickel (Ni), de sélénium (Se), de tellure (Te), de thallium (Tl) ou d’étain (Sn).

Certains de ces métaux lourds font l’objet de critères légaux pour les denrées alimentaires (RÈGLEMENT (CE) No 1881/2006) et/ou pour l’eau de consommation humaine (DIRECTIVE 98/83/CE & DIRECTIVE (UE) 2020/2184). Notons que l’aluminium (Al) fait également l’objet d’un critère (cf. 200 µg/l) dans le cadre de ces législations sur l’eau de consommation humaine lorsqu’il est utilisé pour le traitement chimique de l’eau potable (cf. le sulfate d’aluminium parfois encore utilisé comme agent de floculation et clarification).

Les substances radioactives, d’origine naturelle et/ou artificielle, font l’objet d’une législation européenne spécifique pour l’eau de consommation humaine (cf. DIRECTIVE 2013/51/EURATOM) avec mention de valeurs paramétriques pour le radon (Rn) (cf. 100 Bq/l), le tritium (3H) (cf. 100 Bq/l) et la dose indicative (DI)(cf. 0.1 mSv). De son côté, la nouvelle DIRECTIVE (UE) 2020/2184 ajoute un critère pour l’uranium (U)(cf. 30 µg/l). Le radon (Rn) est un gaz naturel radioactif qui intervient pour une part importante de l’exposition à la radioactivité, et les eaux souterraines et/ou thermales peuvent constituer une source de contamination non négligeable dans certaines régions.

L’arsenic est un exemple de contaminant « naturel » problématique, que l’on retrouve dans l’eau de nombreuses régions à travers le monde, notamment en Europe (Grèce, Chypre, Finlande), et qui impacte certaines denrées alimentaires, comme le riz, à l’échelle mondiale.

Des engrais « naturel » peuvent être une source potentielle de contaminants problématiques, comme le phosphate du Maroc avec le cadmium (Cd) et l’uranium (U), ou le nitrate inorganique du Chili avec le perchlorate (ClO4).

Ces deux nutriments majeurs, phosphate et nitrate, largement utilisés en agriculture avec la révolution verte, ce sont révélés eux-mêmes problématiques pour l’équilibre écologique des rivières et des estuaires, et sont à l’origine de développement d’algues (algues vertes) et/ou cyanobactéries générant des molécules toxiques « naturelles ».

La surconsommation de nitrate en agriculture impacte parfois tellement les eaux de surface et souterraines qu’elle oblige certains distributeurs d’eau à traiter, ou mélanger les eaux brutes pour atteindre le critère légal de 50 mg/l imposé par la DIRECTIVE 98/83/CE. Par contre, le phosphate est parfois ajouté intentionnellement à l’eau de distribution pour limiter le relargage du plomb (Pb) présent dans certaines vieilles conduites.

Les fibres d’amiante (ou asbeste), bien connues comme cause de cancers broncho-pulmonaires, sont parfois libérées d’anciennes canalisation en amiante-ciment pour se retrouver en quantité importante dans l’eau de distribution. L’eau ainsi contaminée est soupçonnée d’être à l’origine de cancers gastro-intestinaux. En conséquence, un critère de 7 millions de fibres d’amiante par litre a été fixé pour l’eau potable aux Etats-Unis dans le cadre du National Primary Drinking Water Regulations (NPDWR – EPA), et est maintenant également utilisé au Québec. Par contre, au niveau de l’Union européenne, malgré une question parlementaire en 2017 sur le sujet (réf. E-005964/2017), le paramètre amiante n’a pas été inclus dans la DIRECTIVE (UE) 2020/2184.

  • Réponse donnée par M. Karmenu Vella au nom de la Commission européenne (29 Novembre 2017)
  • Le chlorure de vinyle monomère (CVM) est un autre exemple de résidu toxique, que l’on peut retrouver dans l’eau, qui est issu de pollution industrielle de la nappe phréatique, ou de la dégradation de canalisation en polychlorure de vinyle (PVC). La DIRECTIVE 98/83/CE, mentionne un critère de 0.5 µg/l en CVM mais n’oblige pas à mesurer sa concentration dans l’eau du robinet. Par contre, en France, au vu des problèmes constatés, une législation plus stricte de 2007 a rendu obligatoire cette analyse dans le contrôle sanitaire de l’eau. En cas de dépassement confirmé de la limite de qualité du CVM, le distributeur d’eau doit mettre en place des purges dans les meilleurs délais, et avertir l’Agence régionale de Santé (ARS).

    Pour de nombreuses autres matières plastiques, y compris celles utilisées dans les emballages alimentaires et les bouteilles d’eau, les fabricants utilisent des adjuvants comme des bisphénols et de l’antimoine. Ces adjuvants, non obligatoirement signalés par les fabricants de matières plastiques (formulation protégée par le secret commercial et/ou de fabrication), sont pourtant potentiellement problématiques, notamment à travers les micro- et/ou nano-plastiques retrouvés dans l’eau, mais également dans le cadre d’éventuels processus de recyclage des plastiques.

    Parmi les substances « synthétiques », les médicaments, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), le bisphénol A, et les nombreux adjuvants inclus dans les micro et/ou nano-plastiques (cf. pneus, textiles synthétiques & Co) sont quelques exemples de polluants émergents souvent négligés.

    De manière générale, l’expression de la toxicité peut être très complexe, directe ou indirecte, immédiate ou différée, à forte ou à faible dose, en exposition chronique ou aiguë, pour une substance seule ou en mélange avec d’autres substances (effet cocktail).

    Parmi les phénomènes toxicologiques plus récemment mis en évidence, les « perturbateurs endocriniens », comme le perchlorate, des pesticides comme le DDT le chlordécone et l’atrazine, des plastifiants comme les phtalates, le bisphénol A, des retardateurs de flamme bromés, des détergents et des agents mouillants, les polychloro-biphényles (PCB), des médicaments comme les stéroïdes de synthèse, des métaux lourds et des composés naturels comme des myco- et phytoestrogènes  (….) peuvent avoir des effets indésirables sur la croissance, le comportement et la reproduction, et ont parfois un impact sur la descendance. Les effets à très faibles doses de ces molécules, les effets synergiques (cocktails) et dose-dépendant non linéaire remettent en question les approches réglementaires basées sur des « seuils toxicologiques » par substance.

    La Convention internationale de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), qui est entrée en vigueur en 2004, vise à interdire (cf. annexe A) ou réduire (cf. annexe B) une série de substances chimiques très polluantes dont certaines sont produites involontairement (cf. annexe C).

    Ne serait-il pas urgent que les autorités compétentes agissent de manière plus transparente, notamment via des études scientifiques indépendantes accessibles aux citoyens, et appliquent de manière plus stricte le principe de précaution, et la Convention d’Aarhus, pour de telles substances ?

    -> à suivre…

     (…)

    SOURCES

    RÈGLEMENT (CE) No 396/2005 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 23 février 2005 concernant les limites maximales applicables aux résidus de pesticides présents dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux d’origine végétale et animale et modifiant la directive 91/414/CEE du Conseil

    RÈGLEMENT (CE) No 1881/2006 DE LA COMMISSION du 19 décembre 2006 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires

    RÈGLEMENT (CE) No 1107/2009 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 21 octobre 2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/CEE et 91/414/CEE du Conseil

    RÈGLEMENT (UE) 2020/685 DE LA COMMISSION du 20 mai 2020 modifiant le règlement (CE) no 1881/2006 en ce qui concerne les teneurs maximales en perchlorate dans certaines denrées alimentaires

    RÈGLEMENT (UE) 2020/749 DE LA COMMISSION du 4 juin 2020 modifiant l’annexe III du règlement (CE) no 396/2005 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les limites maximales applicables aux résidus de chlorate présents dans ou sur certains produits + ACTION PLAN maintaining the MRLs of chlorate for foods intended to infants and young children at 0,01 mg/kg

    DIRECTIVE 98/83/CE DU CONSEIL du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine

    DIRECTIVE (UE) 2020/2184 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (refonte) + Lien vers le site de la Commission européenne sur le sujet

    DIRECTIVE 2000/60/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau

    DIRECTIVE 2009/54/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 18 juin 2009 relative à l’exploitation et à la mise dans le commerce des eaux minérales naturelles (refonte) (+ transpositions en droit belge : AR du 8/02/1999AR du 15/12/2003AR du 2/04/2021 + ERRATUM publié le 17/06/2021)

    DIRECTIVE 2013/51/EURATOM DU CONSEIL du 22 octobre 2013 fixant des exigences pour la protection de la santé de la population en ce qui concerne les substances radioactives dans les eaux destinées à la consommation humaine

    RECOMMANDATION (UE) 2015/682 DE LA COMMISSION du 29 avril 2015 sur le suivi de la présence de perchlorate dans les denrées alimentaires

    RAPPORT DE LA COMMISSION (2014) – Rapport de synthèse sur la qualité de l’eau potable dans l’Union européenne: examen des rapports des États membres pour la période 2008-2010 présentés conformément à la directive 98/83/CE (cf. Bruxelles, le 16.6.2014 COM (2014) 363 final)

    RAPPORT DE LA COMMISSION (2016) – Rapport de synthèse sur la qualité de l’eau potable dans l’Union européenne: examen des rapports des États membres pour la période 2011-2013 présenté conformément à l’article 13 paragraphe 5 de la directive 98/83/CE (cf. Bruxelles, le 20.10.2016 COM (2016) 666 final)

    Rapport du SPW (2013) – Qualité de l’eau destinée à la consommation humaine – Eaux distribuées dans la période 2010-2012 (cf. Arnaud ROUELLE, Marie HANON et Francis DELLOYE – DGO3/SPW)

    Rapport du SPW (2017)- Qualité de l’eau destinée à la consommation humaine – Eaux de distribution publique – période 2014-2016 (cf. Arnaud ROUELLE et Francis DELLOYE – DGO3/SPW)

    Avis du Comité scientifique de l’AFSCA (2016) – AVIS 18-2016 – Programme d’analyses de l’AFSCA – résidus de pesticides (cf. SciCom 2015/22 – Avis scientifique approuvé par le Comité scientifique le 28 novembre 2016)

    Rapport final du Programme de recherche SEMTEP (2019) – Evaluation des risques posés pour l’eau distribuée par certaines substances émergentes (cf. Katherine Nott et al.Région wallonne – SPW – DGO3 – Directive-Cadre sur l’Eau en Wallonie – Décembre 2019)

    Article de Pol Karier et al. (2017) – Metazachlor traces in the main drinking water reservoir in Luxembourg : a scientific and political discussion (cf. Environmental Sciences Europe volume 29, Article number : 25 – 2017)

    Article de l’Institut Fédéral Suisse des Sciences et Technologies de l’Eau (2020) – Chlorothalonil : un problème pour l’eau potable ? (cf. Eawag – 20 février 2020)

    Article de Mathijs Buts et al. (2021) – Atteindre tous les SDG en 2030 demande une rupture de tendance (cf. Article n° 10 – Bureau Fédéral du Plan (Belgique) – Développement durable – Juillet 2021 – Les Objectifs de Développement Durable (ODD) ou Sustainable Development Goals (SDG))

    Extrait : les trois cibles de la Belgique pour l’objectif de développement durable n° 6 ou SDG #6 – EAU PROPRE ET ASSAINISSEMENT – Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau

    Rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (EEA)(2020) – Pesticides in European rivers, lakes and groundwaters – Data assessment (cf. ETC/ICM Technical Report 1/2020)

    Rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (EEA)(2020) – Water and agriculture : towards sustainable solutions (cf. EEA Report No 17/2020)

    Rapport de la Banque Mondiale (2019) – Quality Unknown : The Invisible Water Crisis (cf. 20 août 2019)

    Rapport de l’IPEN et de la Société Endocrinienne (2020) – PLASTIQUES, SANTÉ ET PRODUITS CHIMIQUES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS (PE) – UN GUIDE POUR LES ORGANISATIONS D’INTERET PUBLIC ET LES DÉCIDEURS POLITIQUES SUR LES PRODUITS CHIMIQUES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS ET LES PLASTIQUES (cf. Jodi Flaws et al. – Décembre 2020)

    Poster de Susan Strange Herrmann et al. (2018) – Levels of perchlorate and chlorate in foods available in Denmark (cf. Poster session presented at 12th European Pesticide Residue Workshop, Münich, Germany – Herrmann, S. S., & Poulsen, M. E. – 2018)

    Article d’Elena Hakme et al. (2022) – Chlorate and perchlorate residues in food products on the Danish market (cf. Food Additives & Contaminants: Part A, 39:3, 551-559, DOI: 10.1080/19440049.2021.2017004)

    Avis du Comité scientifique de l’AFSCA (SciCom) (2022) – AVIS 09-2022 – Exposition chronique de la population belge aux résidus de produits phytopharmaceutiques par la consommation de fruits et légumes (période 2014-2020) (SciCom 2019/05)

    Article de P. W. M. H. Smeets et al. (2009) – The Dutch secret: how to provide safe drinking water without chlorine in the Netherlands (cf. Drink. Water Eng. Sci., 2, 1–14, 2009)

    Article de Beate Kettlitz et al. (2016) – Why chlorate occurs in potable water and processed foods: a critical assessment and challenges faced by the food industry (cf. Food Additives & Contaminants: Part A – Volume 33, 2016 – Issue 6 – Pages 968-982). Extrait : Belgium revealed the highest levels of chlorate in municipal drinking water with a mean of 0.378 ± 0.216 mg/l

    Article de Justine Criquet (2020) – Chloration de l’eau : entre désinfection et sous-produits toxiques, l’art subtil du compromis (cf. THE CONSERVATION – March 29 – 2020)

    Article de Mari Asami et al. (2013) – Contribution of tap water to chlorate and perchlorate intake: A market basket study (cf. Science of The Total Environment – Volumes 463–464, 1 October 2013, Pages 199-208)

    Extrait : Graphical abstract

    Tableaux comparatifs mentionnant les critères, ou l’absence de critère, dans les eaux et/ou denrées alimentaires, pour différentes autorités compétentes, concernant les métabolites de pesticides, le chlorite, le chlorate, le perchlorate et cinq métaux lourds (Hg, Cd, Pb, Sb et As)

    La qualité de l’eau du robinet en FRANCE (cf. reportage de Sophie Le Gall, diffusé en 2010 sur FRANCE 3)

    Le Perchlorate en FRANCE et aux ETATS-UNIS

    Les Métabolites de pesticides & Contaminants émergents en SUISSE

    Un film sur l’affaire des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans l’eau potable aux USADARK WATERS

    L’initiative populaire fédérale « Pour une eau potable propre et une alimentation saine » (soumise au vote en Suisse le 13 juin 2021)

    Qui ne cherche pas ne trouve pas… Et qui cherche trouve !

    De la fourche à la fourchette, ne négligeons pas notre eau et la biodiversité

    « Comprendre et ne pas juger » (Georges Simenon) / « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » (Albert Camus) / « Si vous ne comptez pas, vous ne comptez pas » ou « sans statistiques, l’Union Européenne ne joue pas dans le jeu et n’existe pas » (Benoît Frydman – RTBF – CQFD – 19/05/2020)

    Lien vers une animation schtroumpfante concernant le 48th IAH CONGRESS in Brussels, Belgium 2021

    Extrait du poster de Lærke Thorling et al. (2021) – Groundwater monitoring in Denmark – More than 30 years of experienceResults From Groundwater Monitoring In Denmark, Nitrate And Pesticides (cf. IAH2021 Book of Abstracts – Poster 489 – pages 267-268 – 2021) présenté dans le cadre du 48th IAH CONGRESS in Belgium, Brussels, mentionnant les problèmes de dépassement de la limite de 0.1 µg/l pour le métabolite de pesticide Desphenyl-Chloridazon – Extrait de l’abstract du poster 489 : As an example Desphenyl Chloridazon was found in 23 % of 2,456 water work wells and 8,3 of these had concentrations above the drinking water standard of 0,1 µg/l
    SALADE DE SCHTROUMPFS – album publié en janvier 2006 (cf. SYNOPSIS extrait de Wikipédia) : « Les Schtroumpfs s’aperçoivent au déjeuner que la nourriture est infecte, sent mauvais etc. Après une dure journée, ils découvrent que le plat est le même que celui du déjeuner, ce qui déclenche un concert de protestations; le Grand Schtroumpf finit par découvrir que les légumes que fournit le Schtroumpf paysan sont infestés de champignons parasites qui les empêchent de pousser; il décide de partir quelque temps consulter un spécialiste et donne au Schtroumpf paysan un fongicide et un engrais, afin qu’il puisse à nouveau proposer une nourriture convenable. Le Schtroumpf cuisinier, qui a reçu une lettre de menace, demande au Schtroumpf paysan de mettre la dose maximum de produits, ce que ce dernier fait à contrecœur. Le lendemain, le Schtroumpf paysan s’aperçoit que ses légumes sont devenus gigantesques, ce qui permet au Schtroumpf cuisinier de préparer une potée de légumes qui plaît à tous. Le Schtroumpf poète découvre qu’il a un bouton sur le nez après le repas. Dans la nuit, le Schtroumpf peureux se promène et s’enfuit devant une étrange créature. Lorsque le Grand Schtroumpf revient, il a la surprise de ne voir que le Schtroumpf paysan, la Schtroumpfette, le Schtroumpf gourmand et le Schtroumpf cuisinier qui lui racontent une étrange histoire.« 

    Le nitrate de soude du Chili (engrais naturellement contaminé par du perchlorate)
    L’arséniate de plomb (insecticide & fongicide de la vigne aujourd’hui interdit)
    La bouillie doryphorique (insecticide à base de sels d’arsenic aujourd’hui interdit)
    Le chlorate de soude (herbicide aujourd’hui interdit – Décision 2008/865/CE de la Commission)
    Le ROUNDUP (herbicide à base de glyphosate – biodégradable ?…)

    Article de Daniel Grau et al. (2022) – Quantifiable urine glyphosate levels detected in 99% of the French population, with higher values in men, in younger people, and in farmers (cf. Environmental Science and Pollution Research, https://doi.org/10.1007/s11356-021-18110-0). Extraits : Our results support a general contamination of the French population with glyphosate quantifable in 99.8% of urine samples with a mean of 1.19 µg/l (vs Limites Maximales de Résidus (LMR) légales autorisées de 10000 à 30000 µg/kg dans les céréales, la moutarde ou les lentilles, de 10 µg/kg (?…) dans les denrées alimentaires certifiées BIO et de 0.1 µg/l dans l’eau potable) – Tap and spring water consumption are associated with higher glyphosate levels whereas filtered water consumption is associated with lower glyphosate levels

    Est-ce le gluten (ou le glyphosate) le problème ? (cf. Le film-documentaire « Gluten, l’ennemi public ? » de Patrizia Marani)
    Le troupeau de 12 autruches du parc Léopold – Parlement européen à Bruxelles (MSA Architecture Urbanisme & Concrete Styling)

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    EAU SECOURS / SOS WATER

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    Eau de surface/de baignade (et souterraine)

    Eau secours !

    Europe

    Au niveau Européen, la « Directive-Cadre sur l’Eau » (DCE) (Directive européenne 2000/60/CE du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau), ou « Water Framework Directive«  (WFD), est une législation qui fixe des objectifs contraignants aux états membres en termes de qualité des masses d’eau de surface (et souterraines), visant à prévenir et réduire la pollution de l’eau, promouvoir son utilisation durable, protéger l’environnement, améliorer l’état des écosystèmes aquatiques (zones humides) et atténuer les effets des inondations et des sécheresses.

    Informations officielles

    Le « Water Information System for Europe » (WISE) est le Système d’information européen conçu pour répondre aux besoins de la Commission européenne en matière d’information environnementale publique dans le domaine de l’eau. Il recueille les données ayant fait l’objet d’un rapportage par les Etats membres, les bancarise et les diffuse. L’Agence européenne pour l’environnement (AEE), ou European Environment Agency (EEA), est une agence de l’Union européenne dont la mission consiste à fournir des informations fiables et indépendantes sur l’environnement. Selon son rapport « European waters Assessment of status and pressures 2018 » (EEA Report No 7/2018), « malgré les progrès réalisés au cours des dernières décennies dans l’amélioration de la qualité environnementale des nombreux lacs, rivières, eaux côtières et eaux souterraines en Europe, la pollution, les structures telles que les barrages et la surexploitation représentent toujours des menaces majeures pour leur santé à long terme. La grande majorité des masses d’eau européennes ne parviennent toujours pas à atteindre l’objectif minimum de « bon état » fixé par l’Union européenne. »  » L’eau en Europe devient plus propre, mais des problèmes importants subsistent  »

    Initiatives citoyennes

    Aer Aqua Terra, une ASBL du Brabant wallon crée par Ann-Laure Furnelle et Marc Verheyden, se focalise sur des actions concrètes afin de nettoyer les rivières du bassin versant de la Dyle des multiples déchets macroscopiques se trouvant enfouis dans leurs lits, ou sous forme d’objets flottant non identifiés (OFNI). Dont les fameux plastiques participant à la formation de soupes parfois très visibles dans les océans (le fameux continent de plastique), mais également et peut-être surtout de microparticules peu ou pas visibles dont on ne connait pas encore bien les impacts. L’organisation non gouvernementale (ONG)  » European Rivers Network «   (ERN), fondée en 1994 par Roberto Epple, est engagée dans la préservation et la gestion durable des fleuves, des rivières et de la ressource en eau d’Europe. L’initiative Big Jump (lancée en 2002 par cette ONG) consiste à organiser chaque année dans toute l’Europe une fête des rivières et des fleuves afin de recréer du lien entre les citoyens et leurs rivières, lacs et zones humides. big_jump_log  » Le 20ème siècle a oublié ses fleuves : ils sont devenus des égouts à ciel ouvert, pollués, dangereux, le plus souvent exclusivement utilisés pour la navigation, la production d’énergie et pour alimenter l’industrie et l’agriculture. Leur accès est souvent devenu difficile, voire prohibé. Les nombreuses plages et lieux de baignades ont majoritairement disparu. Le citoyen avait tourné le dos au fleuve, il en était déresponsabilisé. Heureusement, depuis les années 90, des efforts énormes en matière de dépollution et de restauration ont porté leurs fruits. Nous sommes maintenant à la croisée des chemins. L’Europe peut choisir d’accélérer la restauration ou prendre le chemin inverse. Seul l’appel des citoyens peut garantir que nos politiciens choisissent le bon chemin.  »  » Si la plupart des États Européens doivent désormais justifier de leurs retards pour essayer d’obtenir un délai dans l’application de la DCE jusqu’en 2021 (voire 2027) : nous avons décidé de continuer à nous mobiliser pour célébrer les avancées réalisées et identifier les difficultés qui doivent encore être surmontées jusqu’à ce que l’objectif de la DCE soit atteint à 100%. «  En Belgique, c’est GoodPlanet Belgium qui organise cet évènement BIG JUMP, et qui commercialise le label Blue Flag (ou Drapeau bleu). Blue Flag, un des labels écologiques volontaires les plus reconnus au monde pour les plages, marinas et opérateurs de navigation de plaisance durables, est une initiative de la Foundation for Environmental Education (FEE) coordonnée par Blue Flag International. Photos souvenir de deux évènements organisés le dimanche 8 juillet 2018 par Big Jump Belgique , à 12h00 en bord de Meuse à Wépion (Royal Club Nautique Sambre & Meuse) et à 15h00 au Lac de Genval/Meer van Overijse-Genval (Genval Yacht Club) : Curieusement, aucune information sur l’état bactériologique (cf. paramètres Escherichia coli, Entérocoques intestinaux & Cyanobactéries) de ces deux zones récréatives aquatiques ne semble disponible auprès des autorités publiques compétentes (Régions et/ou Communes). En Belgique, les modalités d’application de la Directive européenne 2006/7/CE du 15 février 2006 relative à la gestion de la qualité des eaux de baignade sont différentes d’une Région à l’autre. La Région wallonne contrôle 33 zones de baignade en eau douce, dont une seule en Brabant wallon, l’étang de Renipont (cf. historique de l’état bactériologique de ces 33 zones sur le site Aquabact). La Région flamande contrôle 46 zones de baignade en eau douce (Zwenvijvers), mais également 46 zones récréatives aquatiques (Recreatievijvers) et 42 zones de baignade sur la côte belge (Kustwater)(cf. historique de l’état bactériologique de ces 125 zones sur le site Kwaliteit Zwemwater). A lire  :

    Critères bactériologiques (hygiène)

    CRITERES HYGIENE EAUX

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    Eau potable

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    Europe & Co

    Dans les pays membres de l’Union européenne, la Directive 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine a été transposée dans des législations nationales et/ou régionales. Il est à noter qu’une refonte importante de cette Directive 98/83/CE est actuellement en cours à travers la Procédure législative ordinaire (COD) n° 2017/0332(COD) dont la fiche est disponible sur le site Legislative Observatory du Parlement européen.

    Concernant les « pesticides » (au sens de cette Directive 98/83/CE), on entend les « pesticides et produits apparentés (notamment les régulateurs de croissance) et leurs métabolites, produits de dégradation et de réaction pertinents » pour lesquels les critères mis en avant sont les suivants :

    • MAX 0.03 µg/l pour l’aldrine, la dieldrine, l’heptachlore et l’heptachlorépoxyde
    • MAX 0.1 µg/l pour chaque autre « pesticide »  individuel
    • MAX 0.5 µg/l pour la somme des « pesticides »
    Après vérification auprès de diverses autorités compétentes, l’interprétation de cette Directive est plus ou moins laxiste en fonction (1) de la liste précise de « pesticides » réellement contrôlés, et/ou (2) en fonction de la décision de considérer certains métabolites, pourtant significatifs, comme « non pertinents ». A titre d’exemple, le tableau repris ci-après synthétise les critères confirmés, ou en attente de confirmation de différentes autorités compétentes en Belgique et dans d’autres pays membres de l’Union européenne pour le cas du 2,6 dichlorobenzamide (BAM) un métabolite problématique produit par deux pesticides, soit (1) le dichlobenil (un herbicide maintenant interdit dans l’Union européenne à cause de la contamination de nombreuses nappes phréatiques par le BAM) et (2) le fluopicolide (un fongicide toujours autorisé et très utilisé notamment en Belgique). 190301 - BAM - critères EU eau de consommation humaine
    Dans sa Thèse de doctorat,  Veera Pukkila  justifie clairement pourquoi ce métabolite de pesticide (BAM) est considéré comme pertinent (au sens de la Directive 98/83/CE) par ces nombreuses autorités compétentes : « The actual risk of BAM to the environment and humans seems to be very minor as the concentrations of BAM measured in groundwater are commonly in the range of nanograms to micrograms per liter. However, the further degradation of BAM in groundwater can produce compounds that are more toxic. For example, the partial dechlorination of BAM can yield 2-chlorobenzamide, which is a potential carcinogen (Guoguang et al. 2001; Holtze et al. 2007a). Information on the long-term effects of BAM and also the possible joint effects of BAM with other groundwater pollutants is lacking. Therefore, the concern over the groundwater contamination by BAM is justified. »
    Source: « Degradation of 2,6-dichlorobenzonitrile and 2,6- dichlorobenzamide in groundwater sedimentary deposits and topsoil«  (Veera Pukkila – University of Helsinki – Lahti – Finland – Doctoral Thesis – 2015)
    De son côté, la Commission européenne a publié deux rapports de synthèse sur la qualité de l’eau potable dans l’Union européenne : Elle ne propose qu’une liste succincte de 13 pesticides à contrôler (+ ci-après une liste actualisée des pesticides et métabolites problématiques qu’il conviendrait de prendre en compte dans le cadre des programmes de contrôle), et ne donne pas de définition officielle du terme « métabolite pertinent ». Dans le cadre de la refonte de la Directive 98/83/CE (cf. eau de consommation humaine), une version coordonnée officieuse des amendements du parlement EU propose de préciser la définition de métabolites pertinents comme suit « …et leurs métabolites pertinents, tels que définis à l’article 3, paragraphe 32, du règlement (CE) nº 1107/2009.« . Voici la définition du terme métabolite pertinent dans ce règlement (CE) nº 1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques :
    • 32)  «métabolite»,  tout  métabolite ou produit de dégradation d’une substance active, d’un phytoprotecteur ou d’un  syner­giste, qui est formé soit dans un organisme, soit dans l’environnement. Un métabolite est jugé pertinent s’il y a lieu de présumer qu’il possède des propriétés intrinsèques comparables à celles de la substance mère en ce qui concerne son activité cible biologique, qu’il représente, pour les organismes, un risque plus élevé que la substance mère ou un risque comparable, ou qu’il possède certaines propriétés toxicologiques qui sont considérées comme inacceptables. Un tel métabolite est pertinent dans le cadre de la décision géné­rale d’approbation ou de la définition de mesures  visant à réduire les risques.
    Il existe par ailleurs un document guide publié par la DG-SANTE au sujet de la pertinence des métabolites de pesticides :

    Mais il faut faire attention aux risques de confusion, car il y a deux types de critères à considérer/distinguer pour les pesticides (et leurs métabolites) dans les eaux de consommation humaine :

    • critères de qualité pour l’eau de distribution = limites de qualité réglementaire (cf. Directive 98/83/CE)
    • critères toxicologiques pour l’eau = valeurs sanitaires maximales (cf. Guidelines de l’OMS/WHO ou Vmax de l’Anses en France)

    A ce propos, le Ministère français de la santé indique bien que « Contrairement aux autres limites de qualité réglementaire (de la Directive 98/83/CE), les limites de qualité réglementaire « pour les pesticides » ne sont pas fondées sur une approche toxicologique et n’ont donc pas de signification sanitaire; elles ont pour objectif de réduire la présence de ces composés au plus bas niveau de concentration possible » (cf. Rapport sur la qualité de l’eau du robinet vis-à-vis des pesticides en 2014 :  https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/bilan_pesticides_eau_2014.pdf)

    Belgique

    En Belgique, la Directive 98/83/CE a été transposée dans quatre législations gérées par quatre autorités compétentes, avec parfois des interprétations différentes pour certains paramètres. Par exemple, sont repris ci-après les critères de conformité considérés pour le 2,6-dichlorobenzamide (BAM), un métabolite problématique de l’herbicide dichlobénil (actuellement interdit en Europe à cause de problèmes de pollution persistante d’eaux souterraines due au BAM), qui est également un métabolite du fongicide fluopicolide (toujours autorisé et très utilisé notamment en Belgique) :
    • Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) pour l’eau du secteur agroalimentaire (critère pour le BAM : 0.1 µg/l)(cf. Rapport du Comité scientifique de l’AFSCA (AVIS 18-2016) dans lequel il est par ailleurs fait mention d’au moins un cas de dépassement de ce critère pour une eau minérale naturelle)
    • Région flamande pour l’eau de distribution (critère pour le BAM : 0.1 µg/l)
    • Région wallonne pour l’eau de distribution (critère pour le BAM : 0.1 ou 0.2 et actuellement 0.5 µg/l après des cas de dépassement du critère de 0,1 µg/l observés en 2014-2016 dans le Brabant wallon à Wavre, Beauvechain et Perwez !? – en attente de confirmation)
    • Région de Bruxelles-Capitale l’eau de distribution (critère pour le BAM : aucun !? – en attente de confirmation)

    Critères de qualité pour le 2,6-dichlorobenzamide (BAM)

    criteres bam eau belgique new new Curieusement, les eaux minérales naturelles et les eaux de source font l’objet d’autres législations fédérales qui sont gérées par une cinquième autorité compétente (fédérale), le SPF Santé Publique, qui considérerait que le critère pour le BAM pour ce type d’eau est de 0.1 µg/l (en attente de confirmation). Ce critère a déjà été dépassé au moins à une reprise dans le cas d’une eau minérale naturelle (cf. Rapport du Comité scientifique de l’AFSCA : AVIS 18-2016). Mais y-a-t-il eu un suivi ? Quelles ont été les mesures correctives et préventives prises (en attente de feed-back) ? Ce même SPF Santé Publique a aussi comme compétence la gestion des autorisations des produits phytopharmaceutiques sur le territoire belge. Et dans ce cadre, étonnamment, il a choisi de considérer le BAM comme un métabolite non pertinent et de lui attribuer un critère de 10 µg/l, soit 100 fois plus laxiste pour les eaux brutes et par extension pour les eaux de consommation humaine. Et ce même raisonnement est également appliqué à d’autres métabolites régulièrement détectés dans les eaux potabilisables:
    • Chlorothalonil ESA (VIS-01)
    • Metazachlor ESA
    • Metolachlor ESA
    • Chloradizon desphenyl (MET-B)
    • AMPA
    Mais comment, par qui et pourquoi ces décisions cruciales sont-elles prises ? N’est-il pas urgent d’avoir un peu plus de transparence et de cohérence dans la gestion de la qualité de notre eau ? A ce sujet, il est intéressant de suivre le débat du Parlement européen sur les travaux de la commission spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides par l’Union (PEST) qui a eu lieu lors de la séance plénière du 14 janvier 2019 (lien vers la vidéo de cette séance plénière du Parlement européen). Il est également intéressant de lire l’AVIS du Pôle Environnement du Conseil Economique, Social et Environnemental de Wallonie (CESE Wallonie) qui indique notamment dans un récent rapport (Réf. ENV.18.16.AV du 13/02/2018) :
    • « Le Pôle constate une différence d’approche au niveau des Etats membres pour l’établissement de normes pour des métabolites non pertinents. Cela pose question pour les aspects environnementaux et pour les objectifs de qualité des eaux (qui devraient se baser sur des indicateurs communs au niveau européen, ou au minimum harmonisés). Ce manque d’harmonisation pourrait engendrer des distorsions dans le règlement de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques. Le Pôle demande une coordination des approches des différents Etats Membres, et que la Wallonie joue un rôle moteur dans cette coordination« 
    • « le Pôle insiste pour que la communication menée sur la qualité des eaux souterraines n’engendre pas de confusion avec la qualité des eaux de distribution. Les enjeux en termes de communication envers le public sont très importants« .
    Par ailleurs, il est interpellant de constater le manque d’ambition et de suivi  du Bureau fédéral du Plan dans ces matières (cf. Objectif n° 6 / Eau propre et assainissement). C’est lui qui est en charge, pour la Belgique, du suivi des 17 Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – adopté par les dirigeants du monde en septembre 2015 lors d’un Sommet historique des Nations Unies (ONU). PS : En 2019 et 2020, la Belgique siège au Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non-permanent. odd

    Wallonie

    Le tableau repris ci-après résume la situation en Région wallonne en termes de législation pour le contrôle des pesticides et leurs métabolites dans les eaux de distribution, les eaux souterraines et les eaux de surface. Curieusement l’administration wallonne compétente (DGO3) semble considérer que les critères de qualité plus récents et moins sévères pour le BAM (et 4 autres métabolites de pesticides) applicables aux eaux brutes souterraines (avant traitement) sont « par extension » également applicables aux eaux de consommation humaine (après traitement de potabilisation). Pour l’eau de distribution en Région wallonne, le critère pour le BAM serait donc de plus en plus laxiste, passant de MAX 0.1 µg/l à MAX 0.2 µg/l, et plus récemment, en 2016, à MAX 0.5 µg/lLe critère de conformité global pour les pesticides serait donc devenu de facto plus laxiste pour l’eau de distribution wallonne (cf. Conformité des eaux de distribution vis-à-vis des pesticides – Notice méthodologique – version de Mars 2018 – pages 4-5) Région-wallonne-eau-Liste-des-pesticides-et-métabolites A côté de la problématique des pesticides, on observe également des problèmes de qualité microbiologique de l’eau de distribution dans une série de communes wallonnes (cf. carte et critères repris ci-après). Il est important de noter que pour l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) la présence d’Escherichia coli et/ou d’Entérocoques intestinaux dans 100 ml constitue un dépassement de critère de sécurité qui est soumis à notification obligatoire quand il s’agit d’eau de consommation humaine utilisée dans le secteur de l’agroalimentaire. carte-qualitc3a9-microbiologique-eau-distribution-en-wallonie-2014

    Critères bactériologiques (hygiène)

    CRITERES HYGIENE EAUX

    Bruxelles

    A ce jour, aucune information détaillée n’est accessible au public concernant la liste des pesticides recherchés, et l’éventuelle prise en compte de métabolites jugés pertinents ou non. Ni dans les rapports de synthèse de Bruxelles environnement, ni dans les rapports mis à disposition par l’opérateur VIVAQUA (en attente de feed-back). Contacté pour en savoir plus, ce dernier a expliqué ne pas appliquer le critère de 0.1 µg/l pour le BAM qu’il juge non pertinent (en attente de confirmation). VIVAQUA (Société coopérative a responsabilité limitée) est un producteur/distributeur d’eau potable belge majeur, actif sur les trois Régions de Belgique (Bruxelles/Wallonie/Flandre).

    Flandre

    Luxembourg

    carte_2-1

    France

    Danemark

    Comme la plupart des autorités compétentes des pays membres de l’Union européennes, les autorités danoises considèrent le BAM comme un métabolite de pesticide pertinent et lui appliquent le critères de qualité de la Directive 98/83/CE, soit 0.1 µg/l.

    Pays-Bas

    Parmi tous les pays membres de l’Union européenne contactés, les autorités compétentes néerlandaises sont les seules à avoir clairement confirmé qu’elles ne considèrent pas le BAM comme un métabolite de pesticide pertinent, et à lui appliquer un critère de qualité plus laxiste que celui de la Directive 98/83/CE, soit 1 µg/l (comme pour l’AMPA, métabolite du glyphosate).

    Suisse

    la_difference_est_invisible-2

    Canada

    logo_eausecours_1_rgb-2-1 Pétition-Arrêtons-les-déversements-deaux-usées-705x618

    Nouvelle-Zélande

    The health of New Zealand’s rivers and lakes is undeniably a controversial and divisive subject. 


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    Eau secours !

    Europe & Co

    Consultation publique jusqu’au 4 mars 2019 !

    La Commission européenne a lancé une consultation publique sur la directive cadre sur l’eau et la directive sur les inondations (ouverte du 17 septembre 2018 au 4 mars 2019). Elle vise à recueillir des retours sur la manière dont ces directives ont modifié la gestion durable de l’eau, amélioré l’état des masses d’eau et réduit les risques d’inondation dans l’UE. Cette consultation publique intitulée « Fitness Check of the Water Framework Directive and the Floods Directive » est accessible sur le site de la Commission européenne

    Dans ce cadre, une centaine d’organisations environnementales ont lancé une campagne européenne pour sauver la loi sur l’eau de l’Union Européenne (UE) ! download-1-1 Cette campagne, intitulée #ProtectWater, est menée par la coalition Living Rivers Europe. Elle ambitionne d’encourager les citoyens d’Europe et d’ailleurs à participer à cette consultation publique de la Commission européenne sur la Directive-cadre Eau (DCE). Seule opportunité pour le grand public d’avoir son mot à dire dans l’évaluation de la loi. Cette campagne offre aux citoyens un outil simple pour s’exprimer en faveur du maintien d’une législation forte et efficace.
    —— MESSAGE TRANSMIS dans ce cadre le 3 mars 2019 (extrait) ——- Extrait de la Contribution transmise de 3 mars 2019 dans le cadre de cette Consultation publique (ID: 0bb361d0-474f-4144-9bcf-9639f6e37e84) Question 27. Avez-vous déjà rencontré un problème lié à la qualité ou à la quantité de l’eau dans votre région ?Oui. Dans l’affirmative, veuillez fournir une brève explication du problème (2000 caractère(s) maximum) : Le cas du ruisseau le Sillon et de Martineau, et du puits Martineau, à Limal (Wavre) dans la vallée de la Dyle (bassin versant de l’Escaut) avec une série de dis-fonctionnements constatés : (1) ruisseau contaminé par une série de rejets d’eaux usées domestiques alors qu’il se trouve dans une zone d’égouttage collectif (avec station d’épuration) depuis bien longtemps (2) nouveau permis d’urbanisme communal octroyé en 2018 pour une habitation autorisant les rejets d’eaux usées vers le ruisseau alors qu’un égout est existant dans la rue (réf. permis d’urbanisme N°17/114 CoDT) (3) ruisseau pollué longeant un captage d’eau potable (puits Martineau) et rejoignant la Dyle (4) eau de distribution du puits Martineau ayant présenté entre 1 et 5 % de non conformités pour les paramètres Escherichia coli et entérocoques intestinaux (sans que la population en soit avertie) (5) captage du puits Martineau ayant perdu sa zone de prévention forfaitaire entre 2017 et 2018 (sans que la population en soit avertie) (6) pollution de l’eau distribution de la zone par le BAM (métabolite des pesticides dichlobenil et du fluopicolide) en 2014-2016 à un niveau supérieur au critère de 0.1 µg/l de la Directive 98/83/CE (sans que la population en soit avertie) (7) critères appliqués par l’administration (cf. notice méthodologique) et l’opérateur (cf. Rapport d’essai réf. N° 18RE-242 de VIVAQUA) devenu progressivement plus laxiste pour le BAM, soit 0.2, puis 0.5 µg/l pour l’eau de distribution dans cette zone de distribution et l’ensemble du territoire de la Région wallonne (sans que la population en soit avertie). (8) pollution par d’autres métabolites de pesticides (metazachlor ESA, metolachlore ESA et chlorothalonil ESA) non comptabilisés dans le calcul de la somme des pesticides annoncé.

    Wallonie

    Consultation publique jusqu’au 19 juin 2019 !

    La Région wallonne organise une enquête publique du 19/12/18 au 19/06/19 intitulée « Enjeux pour une meilleure protection de l’eau en Wallonie » (D/2018/11802/73) —— MESSAGE TRANSMIS dans ce cadre le 17 juin 2019 (extrait) ——-

    Eau secours !

    Eau secours ! est le nom donné à une exposition réalisée par le Professeur Bruno Schiffers de l’Unité Analyse, qualité et risques (laboratoire de phytopharmacie) de Gembloux Agro-Bio Tech, Université de Liège.

    Canada

    Eau secours !

    La coalition Eau secours ! est un organisme à but non lucratif du Québec dont la mission est de promouvoir la protection et la gestion responsable de l’eau dans une perspective de santé environnementale, d’équité, d’accessibilité et de défense collective des droits de la population.

    Professeur Scientifix

    Eau secours !


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    Climat

    Claim the Climate

    Marche pour le climat

    Klimaat Mars

    Claim the Climate, la plus grande marche pour le climat de Belgique (75.000 participants !) a été organisée à Bruxelles le dimanche 2/12/2018 par coalition climat / klimaat coalitie. Web

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    Biodiversité

    Diminution du nombre de mammifères, d’oiseaux, d’insectes, d’amphibiens…

    58775451_416690802499782_566715466319904301_n Le dangereux déclin de la nature : Un taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère / Nature’s Dangerous Decline ‘Unprecedented’; Species Extinction Rates ‘Accelerating’ Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques / Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES) 130-pays-au-chevet-de-la-nature-si-vitale-pour-lhumanite

    Les grenouilles

    Les insectes

    Les abeilles

    Les orques

    Pour en savoir plus :

    • La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (en anglais Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, IPBES) est un groupe international d’experts sur la biodiversité.
    • L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, en anglais IUCN) est la principale organisation non gouvernementale mondiale consacrée à la conservation de la nature. Sa mission est d’influencer, d’encourager et d’assister les sociétés du monde entier, dans la conservation de l’intégrité et de la biodiversité de la nature, ainsi que de s’assurer que l’utilisation des ressources naturelles est faite de façon équitable et durable.
    (dessin de Koll / Biodiversité en péril / Le Soir du 7/05/2019)190507-Kroll - Biodiversité en péril

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    Sols

    Les sols, un autre patrimoine vivant malheureusement malmené, urgent à préserver et restaurer, ne bénéficient toujours pas d’une législation européenne de type Directive-Cadre. A lire/découvrir :
    De l’importance de la biologie du sol… Plaidoyer pour une agriculture durable !

    Le sol, un patrimoine à protéger (Lionel Ranjard sur France Inter)

    Atlas Français des bactéries du sol (Biotope Editions)

    Foutez la paix aux zones humides !
    Agricultures nouvelles : quelles racines pour le futur ?

    Les Pays-Bas, centre de toutes les innovations agricoles ? À la pointe de l’innovation, ce pays prépare et incarne le futur de l’agriculture (National Geographic).

    Could indoor farming help address food shortages ?


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    Air

    Comme l’eau, l’air bénéficie également d’une législation européenne: la Directive 2008/50/CE du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe. Néanmoins, comme indiqué par la Cellule Interrégionale (belge) de l’Environnement(CELINE/IRCEL), « la politique menée actuellement au niveau européen et national n’a malheureusement pas produit les résultats escomptés. Plusieurs éléments permettent d’expliquer ce phénomène. D’une part, dans le domaine du transport par exemple, les volumes de trafic ont augmenté ; d’autre part, on remarque un écart significatif entre les normes d’émissions fixées par type de véhicule et les émissions réelles ; enfin, le renouvellement du parc de véhicules s’avère plus lent que prévu (UE, 2011). Pour cette raison, la Commission européenne travaille actuellement à une révision approfondie de la Directive 2008/50/CE, sur base du cadre politique formulé dans la « Stratégie thématique sur la pollution atmosphérique Air pur pour l’Europe (CAFE) » de 2005. » A lire :

    ATTENTION à la désinformation !

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    Rivières sauvages & cours d’eau à restaurer

    Eau secours !

    Sur notre planète Terre de plus en plus densément peuplée et surexploitée par Homo sapiens, les rivières sauvages encore naturelles, vivantes, et riches en biodiversité, sont malheureusement devenues une denrée rare.

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    Il est essentiel de sauvegarder ce patrimoine naturel, et de restaurer la qualité physico-chimique, écologique et hydro-morphologique des cours d’eau malmenés par une artificialisation à outrance et par la pollution.

    France

    Le Label « site rivières sauvages » (wild rivers site), initiative lancée par l’ONG European Rivers Network et WWF-France, et en cours de traduction et d’extension au niveau européen, a comme principal objectif d’être un outil au service des gestionnaires des milieux aquatiques d’eau courante pour améliorer la protection et la conservation des rivières qui présentent un bon fonctionnement écologique. Il doit servir à développer à la fois une marque de reconnaissance auprès du public (qualité environnementale), une distinction pour les gestionnaires (Pêcheurs, Parc naturel, etc.) et une valorisation collective d’un territoire d’exception.

    De son côté l’Observatoire de la continuité écologique et des usages de l’eau (OCE) met en avant les problèmes liés à la volonté d’effacement d’un certain nombre d’obstacles à l’écoulement sur les rivières française (cf. carte des sites détruits ou menacés). Il considère notamment que « les orientations (des autorités publiques) ne résolvent aucunement le problème prioritaire de l’eau : la pollution, qui n’est pas correctement traitée ni même mesurée avec les bons indicateurs« . Et a publié un article résumant une récente synthèse sur l’évolution des rivières européennes de plaine depuis six millénaires : Des rivières naturelles aux rivières anthropisées en Europe: poids de l’histoire et choix des possibles pour l’avenir (Brown et al 2018).

    A lire :

    Belgique

    Wallonie

    l’Artoise (ou Wartoise !?), une rivière franco-belge faisant partie du bassin versant de la Seine et prenant sa source à deux pas de la fameuse abbaye Notre-Dame de Scourmont (cf. bière trappiste de Chimay) constitue, depuis 2016, la première rivière pilote pour la traduction du label français « site rivières sauvages » à l’échelle européenne. La Houille, une autre rivière franco-belge passant par Gedinne, Beauraing et Givet, faisant partie du bassin versant de la Meuse, sera peut-être la prochaine candidate pour décrocher ce beau label.

    En ce qui concerne la restauration des cours d’eau, un peu d’espoir… Grâce au programme Saumon-Meuse, mis en place dans les années 1980, le saumon est maintenant de retour dans la Meuse… Il avait totalement disparu vers 1935 ! A voir : CoSMos (pisciculture domaniale d’Erezée), un espace d’information à propos de la restauration du saumon atlantique dans le bassin mosan. Étant donné l’incroyable périple de ce grand poisson migrateur, les dangers qu’il a dus vaincre tant en mer qu’en eau douce, et son comportement instinctif de retour vers son lieu de naissance, tel Ulysse revenant à Ithaque, l’idée est venue d’appeler cet espace consacré au saumon mosan: «CoSMos – L’Odyssée du saumon». Car il s’agit bien d’une véritable Odyssée tellement les dangers à vaincre sont grands et nombreux pour les saumons mosans !

    De l’importance de créer du lien entre l’homme et les cours d’eau… Eaux usées, pollutions & inondations…

    A lire :

    Bruxelles

    Bruxelles bientôt à la pointe du traitement des eaux (cf. article d’Aline Wavreille publié le jeudi 02 août 2018 à 11h29 sur le site de la RTBF). « C’est très surprenant, mais il y a un peu moins de 20 ans, Bruxelles déversait encore ses eaux usées directement dans la Senne, la rivière qui la traverse. Aujourd’hui, la Région de Bruxelles-Capitale se targue de rejoindre le sommet européen en terme de traitement des eaux. Elle est en train de rénover la station d’épuration Sud à Forest. Un chantier qui entre dans sa dernière ligne droite. A la pointe de la technologie, la station Sud traitera début 2019 de manière très fine les eaux bruxelloises pour en retirer par exemple des micro-plastiques. »

    « L’objectif à terme, c’est une qualité d’eau de baignade pour la Senne ! »

    A découvrir : les Etats Généraux de l’Eau à Bruxelles (EGEB), un mouvement citoyen pour interpeler, proposer, expérimenter, transformer, autonomiser et consolider… Créer ensemble des communautés hydrologiques.

    Flandre

    Le Sigma Plan développe une série de projets dans le bassin versant de l’Escaut destinés à protéger la Flandre des inondations, et en même temps à améliorer la qualité de l’environnement autour des rivières, pour les rendre plus naturelles. Citons entre autres le projet « Upper Dyle » (Bovendijle) au nord de Louvain (Leuven), et les projets « Hedwige Prosper & Doel Polder » au nord d’Anvers (Antwerpen). Ces derniers permettront de créer le futur « Grenspark Groot-Saeftinghe » en se reliant à la réserve naturelle « Pays inondé de Saeftinghe«  (Verdronken Land van Saeftinghe) située en Flandre zélandaise (Pays-Bas). Cette zone de marais salés est la plus grande zone d’eau saumâtre d’Europe occidentale.

    Deux commissions intergouvernementales ont été créées afin de gérer de manière intégrée le District Hydrographique International de l’Escaut (DHI Escaut) : (1) la Commission internationale de l’Escaut (CIE) (Internationale Scheldecommissie – ISC) en 1994 et la « Vlaams-Nederlandse Scheldecommissie » (VNS) concernant l’estuaire de l’Escaut en 2008.

    Grand-Duché de Luxembourg

    A lire :

    Suisse

    A lire :

    Balkans

    La Campagne « Save the Blue Heart of Europe« (lancée par un groupement d’ONG dont EuroNatur et RiverWatch) a comme objectif de sauver les rivières sauvages des Balkans menacées par des projets de barrages hydroélectriques. Comme la Vjosa une magnifique et méconnue grande rivière sauvage d’Europe avec son parcours de 270 km, en Grèce (80 km) puis en Albanie, jusqu’à son embouchure en mer Adriatique.

    Canada

    Un pays encore riche en rivières sauvages… Mais où la gestion de l’eau n’est pas toujours durable (pollutions urbaines, industrielles et agricoles, gigantesques barrages hydroélectriques, pollutions liées aux exploitations extractives à grande échelle d’or, d’hydrocarbures issus de sables bitumineux, de gaz de schiste & Co).

    A lire :

    Nouvelle-Zélande

    The health of New Zealand’s rivers and lakes is undeniably a controversial and divisive subject. 

    A lire :

    Monde / Nations Unies

    L’organisation « International Rivers » est au coeur des luttes pour la protection des rivières et des droits des communautés qui en dépendent, essentiellement en Amérique latine, en Asie et en Afrique.

    Pour l’ONU, l’eau est au cœur du développement durable et est essentielle à la survie de l’humanité.

    Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – adopté par les dirigeants du monde en septembre 2015 lors d’un Sommet historique des Nations Unies (ONU) – sont entrés en vigueur. L’objectif 6 vise à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

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    En Belgique, c’est le Bureau fédéral du Plan qui est en charge du suivi de ces objectifs, via quelques indicateurs chiffrés :

     


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