À propos

Au départ d’observations de terrain à l’échelle du petit ruisseau le Sillon et de Martineau (cf. Google Maps, Maps.Me & OpenStreetMap), longeant le captage d’eau potable du puits Martineau dans le village de Limal, au coeur de la vallée de la Dyle (bassin hydrographique de l’Escaut), et d’enquêtes auprès d’autorités compétentes, l’objectif de ce blog est de diffuser des informations sur les problématiques liées à la gestion de l’eau, de l’air, des sols, de la biodiversité et du climat.

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« Assez de pollutions, on veut des solutions !…  Assez de pollutions, on veut des solutions ! »

(Slogan d’un groupe de jeunes enfants entendu lors de la manifestation Claim the Climate)

Pollution des eaux de consommation humaine

Même la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur la pollution de l’eau, « une crise invisible ». Elle appelle à mieux savoir mesurer la qualité de l’eau dans le monde et à ce que cette information soit systématiquement diffusée au public. « Les citoyens ne peuvent pas agir s’ils ne sont pas informés de la situation. Il est clair que le statut de pays à haut revenu n’immunise pas contre des problèmes de qualité de l’eau. Non seulement une diminution de la pollution ne va pas de pair avec la croissance économique mais l’éventail de polluants tend à augmenter avec la prospérité d’un pays » (cf. Rapport de la Banque Mondiale – « Qualité inconnue / Eau – ce qui se cache sous la surface« – 20 août 2019).

A côté des métaux lourds (cf. dans le sens de la définition retenue par l’Union européenne, soit les composés classés substances dangereuses, ou les formes métalliques, d’antimoine, d’arsenic, de cadmium, de chrome hexavalent, de cuivre, de plomb, de mercure, de nickel, de sélénium, de tellure, de thallium et d’étain), les médicaments, biocides et pesticides (et leurs métabolites), le chlorate (et les nombreux autres sous-produits de chloration comme le chlorite et les acides haloacétiques), le perchlorate, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), le bisphénol A, l’uranium ou les microplastiques et nanoplastiques (cf. pneus, textiles synthétiques & Co) sont quelques exemples de polluants émergents négligés par beaucoup d’autorités compétentes en charge de la qualité des eaux de consommation humaine.

Autruche

(1) Les pesticides et leurs métabolites

Après quelques recherches dans la littérature scientifique, auprès de diverses sources officielles et/ou d’autorités compétentes de pays européens, voici une liste, non exhaustive, de 38 (XXXVIII) contaminants problématiques de type pesticide et/ou métabolite de pesticide qui mériteraient de figurer dans les rapports d’analyse des eaux potables européennes : l’Atrazine (et son métabolite Déséthyl Atrazine) le Chlorothalonil (et ses 9 métabolites Chlorothalonil ESA – ou Vis-01 ou R417888R419492R471811SYN507900M3M11M2M7 et M10), le métabolite 2,6-dichlorobenzamide (BAM)(généré par le Dichlobenil et le Fluopicolide), le Metolachlore (et ses 2 métabolites Metolachlore ESA et Metolachlore OA), le Metazachlore (et ses 2 métabolites Metazachlore ESA et Metazachlore OA), le Chloridazon (et ses 2 métabolites Desphenyl-chloridazonou MET-B – et Methyl-desphenyl-chloridazon), le Thiaclopride (et ses 3 métabolites M30M34 et M46), le Propiconazole (et ses 4 métabolites NOA436613, SYN547889, CGA91305 et CGA118244), le métabolite 1,2,4 triazole, la Bentazone, le Glyphosate (et son métabolite Acide aminomethylphosphonique – ou AMPA) et le Prosulfocarbe.

Les législations applicables à la qualité de l’eau de consommation humaine dans les pays membres de l’Union européenne dérivent toutes de la Directive 98/83/CE qui prévoit un critère de qualité de 0,1 µg/l (microgrammes par litre) ou 0,0001 mg/l (milligrammes par litre) par molécule individuelle de pesticide ou de métabolite de pesticide pertinent*, et de 0,5 µg/l pour la somme des pesticides et leurs métabolites pertinents*.

Par ailleurs, cette même Directive 98/83/CE impose un critère plus sévère (0,030 µg/l) à 4 autres pesticides nommément mentionnés (AldrineDieldrine, Heptachlore et Heptachlorépoxyde) qu’il semble logique d’ajouter à la liste des 38 (XXXVIII), pour un total de 42 (XLII) pesticides et métabolites de pesticides problématiques.

NEW chloridazon FR - CRITERES pour METABOLITES de pesticides EAU POTABLES

Légende NEW NEW métabolites pertinents FRANCE

« Qui ne cherche pas ne trouve pas… Et qui cherche trouve ! »

Autruche

EUROPE

La Commission européenne est en charge du suivi de l’application des législations européennes dont la Directive 98/83/CE sur la qualité des eaux de consommation humaine, mais également du Règlement (CE) n° 1107/2009 concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et de la Directive 2000/60/CE établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau. Elle ne considère pourtant qu’une liste de 13 molécules de type pesticide et/ou métabolite de pesticide dans ses derniers rapports sur la qualité de l’eau potable dans l’Union européenne (cf. collecte des données pour la période 2014-2016, réalisée en 2018/19), dont seulement 5 font partie de cette liste de 42 (XLII) molécules problématiques, soit : l’Atrazine, son métabolite Déséthyl Atrazine, le métabolite 2,6-dichlorobenzamide (BAM), le Metolachlore (mais sans ses 2 métabolites) et la Bentazone. Seuls deux « Rapports de synthèse sur la qualité de l’eau potable dans l’Union européenne » ont été publiés à ce jour par la Commission pour les périodes 2008-2010 et 2011-2013. Par ailleurs, dans les derniers rapports « Examen de la mise en oeuvre de la politique environnementale de l’UE 2019 – Rapport par pays », pour la Belgique, comme pour la France, les informations concernant l’eau potable sont plutôt laconiques : « aucune nouvelle donnée n’est disponible / ou n’a été communiquée depuis l’EIR de 2017« (…).

Suite une série d’échanges avec (1) Commissaire européen en charge de l’environnement (Monsieur Virginijus Sinkevičius), (2) la Direction Générale Environnement (DG ENV) de la Commission européenne et (3) l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Unité « Marine Environment & Water Industry » (EN.C2) de la DG ENV a confirmé que ni la Commission européenne, ni l’EFSA ne sont en mesure de fournir une liste consolidée et actualisée de pesticides et métabolites de pesticides problématiques (et/ou pertinents) potentiellement présents dans les eaux de consommation humaine des pays membres de l’Union européenne (cf. courrier du 16/11/2020).

Le 29/09/2020, un député du Parlement européen a déposé une question écrite à l’attention de la Commission européenne au sujet des 9 métabolites problématiques, et « pertinents », du pesticide Chlorothalonil. La réponse, de la Commissaire européenne en charge de la santé (Madame Stella Kyriakides), très lacunaire, confirme l’impossibilité d’obtenir des informations consolidées sur le sujet des métabolites de pesticides dans les eaux de consommation humaine.

Par ailleurs, dans le rapport « Pesticides in European rivers, lakes and groundwaters – Data assessment » publié en juillet 2020 par le « European Topic Centre on Inland, Coastal and Marine waters » (ETC/ICM) de la European Environment Agency (EEA) (cf. ETC/ICM Technical Report 1/2020), la liste de pesticides considérés ne fait pas mention de la plupart des métabolites de pesticides « problématiques » (cf. jugés « pertinents » par des autorités compétentes européennes et/ou de pays membres de l’Union européenne), hormis le Déséthyl Atrazine, l’Acide aminomethylphosphonique (AMPA) et le 2,6-dichlorobenzamide (BAM).

AutrucheBRUXELLES / BELGIQUE

La Région de Bruxelles-Capitale, qui est compétente pour l’eau de distribution sur son territoire, ne considère que 31 molécules, mais dont seulement 5 font partie de cette liste de 42 (XLII) molécules problématiques, soit l’Atrazine et son métabolite Déséthyl Atrazine , le Metolachlore (mais sans ses 2 métabolites), le Metazachlore (mais sans ses 2 métabolites) et le Chloridazon (mais sans ses 2 métabolites). Bien que recherché, elle ne comptabilise pas le métabolite BAM qu’elle considère « non pertinent* » (source: VIVAQUA – Emails du 12/12/2018 et du 12/07/2019). Depuis de premiers contacts, fin 2018, avec les autorités bruxelloises, il s’avère impossible d’obtenir des rapports d’essai complets avec les résultats détaillés des pesticides et de leurs métabolites recherchés à Bruxelles. Cette attitude semble en contradiction avec (1) l’Article 32 de la Constitution belge, (2) la Convention d’Aarhus et (3) le Protocole sur l’eau et la santé (UNECE / OMS – Secrétariat commun à la CEE et à l’OMS Bureau régional de l’Europe).

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WALLONIE / BELGIQUE

La Région wallonne, qui est compétente pour l’eau de distribution sur son territoire, ne considère que 20 molécules (cf. Circulaire ministérielle DE/2004/1 du 21 octobre 2004) dont 10 font partie de cette liste de 42 (XLII) molécules problématiques , soit : l’Atrazine, son métabolite Déséthyl Atrazine, le métabolite 2,6-dichlorobenzamide (BAM), le Metolachlore (mais sans ses 2 métabolites), le Chloridazon (mais sans ses 2 métabolites) et la Bentazone, en plus de l’Aldrine, la Dieldrine, l’Heptachlore et l’Heptachlorépoxyde. Après avoir observé plusieurs dépassement du critère de 0,1 µg/l pour le métabolite BAM dans le Brabant wallon, à Wavre, Beauvechain et Perwez (cf. Rapport SPW 2014-2016), l’administration régionale wallonne (SPW) a décidé, en toute discrétion, de lui appliquer un critère moins sévère de 0,5 µg/l prétextant qu’il s’agissait d’un métabolite devenu « non pertinent* » (cf. sur base d’un avis du Comité d’agréation des pesticides à usage agricole du service publique fédéral – SPF Santé). Il est intéressant de noter qu’une série pesticides et métabolites problématiques non repris dans sa liste de 20 molécules sont contrôlés par l’administration wallonne dans les eaux brutes (avant traitement de potabilisation) et que le programme de recherche BIODIEN a révélé qu’en Wallonie, ce sont principalement des métabolites des pesticides Chloridazon et Chlorothalonil qui sont détectés très souvent et dans certains cas à des concentrations très importantes dans ces eaux brutes (> 10 μ g/l) (cf. Programme de recherche BIODIEN – Rapport final N° 2018-01690)(cf. Présentation lors du colloque Grounwater Quality 2019). Il est fort probable que ces métabolites de pesticides soient également présents dans certaines eaux de distribution produites en Région wallonne.

Liste pesticides EU + Belgique sans Flandre

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FLANDRE / BELGIQUE

La Communauté flamande, qui est compétente pour l’eau de distribution sur le territoire de la Région flamande, considère une liste de 209 molécules dans son rapport sur la qualité de l’eau potable en Flandre pour l’année 2018 (cf. Kwaliteit van het drinkwater – 2018 publié le 23 octobre 2019) dont 22 font partie de la liste de 42 (XLII) molécules problématiques. Néanmoins, contrairement à ce qui est mentionné dans les rapports antérieurs, on considère ici un critère 45 fois plus laxiste (4.5 µg/l au lieu de 0.1 µg/l) pour 8 de ces 22 molécules de type « métabolite de pesticide » qui sont considérés comme « non pertinents », soit : le Chlorothalonil ESA (ou Vis-1 ou R417888, un des 9 métabolites du Chlorothalonil, les 8 autres étant curieusement absent de la liste de 209 molécules), les deux métabolites du Metolachlore, les 2 métabolites du Metazachlore, et le métabolite 2,6-dichlorobenzamide (BAM).

Ces nouveaux critères plus laxiste de 4.5 µg/l ont sans doute été choisis par l’autorité flamande, suite à des problèmes récurrents de dépassement du critère de 0,1 µg/l, notamment pour le métabolite BAM dans le Brabant flamand.

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BELGIQUE

Au niveau de l’ensemble du territoire belge, le Comité scientifique de l’agence fédérale pour la sécurité de la chaine alimentaire (AFSCA) signale dans un rapport (cf. Avis SciCom AFSCA 18-2016) qu’un dépassement pour ce même métabolite BAM a été constaté dans une eau minérale naturelle. Aucune action corrective ne semble avoir été prise par le service du SPF Santé en charge des autorisations de commercialisation des eaux minérales naturelles et des eaux de sources (cf. sur base de la Directive 2009/54/CE), mais il a par contre été confirmé que le critère de 0,1 µg/l s’appliquait bien en Belgique pour ce type d’eau à tout pesticide ou métabolite de pesticide, comme le BAM, qu’il soit pertinent ou non (source: SPF Santé – Email du 26/11/2019). Concernant les molécules à rechercher pour ce type d’eau, « Une circulaire du SPF Santé explique quels contrôles doivent être effectués. Cette circulaire mentionne ceci :  En ce qui concerne les pesticides et produits apparentés, la liste des substances à contrôler prend en considération le risque de présence dans les sites sourciers considérés (en fonction notamment de l’utilisation de la substance, de ses propriétés, de son comportement et de sa dégradation dans le sol) et la liste des substances établies par les autorités régionales pour le contrôle des eaux de distribution d’origine souterraine. » (source: SPF Santé – Email du 26/11/2019).

De sont côté, l’AFSCA considère maintenant (depuis 2020 ?) une liste de 31 molécules pour les eaux alimentaires et de table, et quatre en moins, soit 27 molécules pour les eaux minérales naturelles et les eaux de source, dont seulement 7 font partie de la liste de 42 (XLII) molécules problématiques, soit : l’Atrazine, son métabolite Déséthyl Atrazine, le Metolachlore (mais sans ses 2 métabolites), le Metazachlore (mais sans ses 2 métabolites) le Chloridazon (mais sans ses 2 métabolites), la Bentazone et le Glyphosate (source : Point de Contact – Meldpunt de l’AFSCA – Email du 3/07/2020 – Réf. RAPPEL DE PRODUIT du 6/05/2020 – question nr 2020/0484/Q).

Le métabolite 2,6-dichlorobenzamide (BAM) ne fait donc plus partie de la liste des molécules recherchées par l’AFSCA, alors qu’il était bien considéré dans sa liste transmise en 2018 et en 2019, et que l’AFSCA avait explicitement mentionné que ce métabolite « fait partie de la liste actuelle et fait partie également de la future liste proposée » (sources AFSCA – Emails du 8/10/2018 et du 28/01/2019).

PESTICIDES & Métabolites (NEW Chlorothalonil)

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FRANCE

En France également, la liste des substances recherchées n’est pas nécessairement la même pour chaque prélèvement, et tout travail de comparaison entre les départements peut être entaché de biais. « A titre d’exemple le fait de ne trouver que 9 résidus quantifiés dans les analyses du département de l’Aisne et 252 pour celui de l’Oise (alors que le nombre de recherches de pesticides et le type d’agriculture dans les 2 départements sont très proches) montre par exemple que le choix de molécules à analyser est très différent d’un département à l’autre et donne sans doute des résultats faussement rassurants pour certains départements. Le nombre moyen de pesticides analysés par prélèvement (ayant recherché au moins un pesticide) et par département est détaillé dans l’annexe 4 de ce rapport. Les données montrent une grande variabilité d’un département à l’autre. Le plus petit nombre de pesticides analysés par prélèvement ciblant les pesticides revient à l’Aisne avec 10,5 pesticides analysés en moyenne, le plus élevé revient au Var avec 590 pesticides analysés en moyenne. Une analyse qualitative serait nécessaire pour évaluer la pertinence des listes de pesticides recherchés départementalement au vu des listes très réduites recherchées dans certains départements, en dehors du cadre du présent rapport. Une approche harmonisée et transparente est donc nécessaire à l’avenir dans ce domaine, tant au niveau des méthodes d’analyses que du choix des molécules analysées, pour avoir une vision correcte de la réalité de la pollution de l’eau du robinet par les pesticides partout en France » (Générations futures – EXPPERT 12 – Des pesticides perturbateurs endocriniens, cancérigènes mutagènes et reprotoxiques dans l’eau du robinet en France en 2019 – 18 juin 2020).

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié un avis relatif à l’évaluation de la pertinence des métabolites de pesticides dans les eaux destinées à la consommation humaine (cf. Saisine n°2015-SA-0252 publiée le 30/01/2019) dans lequel il est entre-autre stipulé que les deux métabolites du Metolachlore sont considérés pertinents pour les eaux de consommation humaine. Les autorités françaises considèrent également le métabolite Chlorothalonil ESA (ou Vis-1 ou R417888), le métabolite 2,6-dichlorobenzamide (BAM) et l’AMPA (métabolite du Glyphosate) comme pertinents pour les eaux de consommation humaine.

Et de son côté, le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) a publié en juin 2018, avec le consortium de laboratoires AQUAREF un rapport « Besoins analytiques sur les métabolites de pesticides : liste des substances issues des dossiers d’homologation et capacités actuelles des laboratoires – bilan » qui fait le constat de l’absence d’étalons analytiques pour de nombreuses substances (262 molécules sans étalon analytique sur 407 métabolites considérés) qui s’avère comme un verrou analytique pour de nombreux paramètres qui seraient considérés comme à suivre dans le cadre d’une surveillance nationale. Et dans lequel un tableau récapitulatif, mentionne une pertinence toxicologique pour au moins cinq métabolites du Metazachlore (…).

A suivre :  les actions d’information du collectif de Massérac en Loire-Atlantique.

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SUISSE

En Suisse, c’est en 2017 que des résidus (métabolites) de Chlorothalonil ont été décelés pour la première fois dans des eaux souterraines. « Après une réévaluation du risque sanitaire, décision a été prise en décembre 2019 par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) de fixer leur valeur limite à 0,1 µg/l (microgrammes par litre). Il y va selon lui de la qualité de l’eau potable dont les 80 %, en Suisse, proviennent précisément des eaux souterraines : les métabolites de chlorothalonil ne peuvent en être éliminés que moyennant un traitement très sophistiqué. Des analyses menées en 2017 et en 2018 ont permis de faire une première estimation de la pollution des eaux souterraines. Il en ressort que plusieurs métabolites du chlorothalonil y dépassent la valeur limite. Près de la moitié des cantons sont concernés par ces pollutions, notamment : Argovie, Berne, Fribourg, Genève, Lucerne, Schaffhouse, Soleure, Thurgovie, Tessin, Vaud, Zoug et Zurich. Étant donné que les eaux souterraines ne se renouvellent que très lentement et que les métabolites du chlorothalonil sont particulièrement persistants, il faut partir du principe que ces substances porteront fortement atteinte à la qualité des eaux souterraines à large échelle pendant des années encore » (Aqueduc.infoBeaucoup trop de chlorothalonil dans les eaux souterraines – 12 mai 2020)(Reportage de la RTS – Alerte à la pollution au chlorothalonil dans nos eaux souterraines – 24 mai 2020).

Le « Swiss Federal Institute of Aquatic Science and Technology » (Eawag) a également détecté des traces de chlorothalonil (0,006 µg/l) dans des bouteilles d’eau d’Evian, la fameuse eau minérale naturelle des Alpes française (cf. More chlorothalonil found in Evian water than in Lake Zurich – 16/07/2020 – LE NEWS)(cf. Chlorothalonil: un problème pour l’eau potable ? – février 2020 – article et fact sheet sur le site Eawag).

Et de son côté, l’Office fédéral (Suisse) de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a publié le 31/01/2020 une évaluation incluant une série de nouveaux métabolites considérés comme pertinents (cf. Pertinence des métabolites de produits phytosanitaires dans les eaux souterraines et dans l’eau potable).

A suivre : les deux initiatives citoyennes suisses (cf. initiatives populaires fédérales « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » et « Pour une eau potable propre et une alimentation saine« ).

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DANEMARK

Les autorités compétentes du Danemark sont plus attentives au principe de précaution, et imposent le critère de 0.1 µg/l à une lise de 13 pesticides et 33 métabolites de pesticides, dont la plupart des métabolites problématiques rencontrés en Belgique comme le 2,6-dichlorobenzamide (BAM), le Desphenyl-chloridazon (MET-B) et le Methyl-desphenyl-chloridazon (source : Retsinformation).

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Eau secours ! Refusons la politique de l’Autruche !

* Pesticides & métabolites dans les eaux (Jean-Luc Fourré – PowerPoint présenté dans le cadre du Colloque « Pour en finir avec les pesticides » organisé par le Grappe à la Faculté de Droit de l’Université de Namur – 29 novembre 2019).

* Remarque sur la définition de « métabolite de pesticide pertinent » : dans la proposition de refonte de la Directive 98/83/CE (cf. Dossier interinstitutionnel 2017/0332 (COD)Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (refonte) – Accord politique du 24 février 2020), on précise enfin le concept de « métabolite pertinent » de pesticide, mais en se référant à la définition ambigüe et plus laxiste reprise à l’article 3, paragraphe 32, du Règlement (CE) n° 1107/2009. On passe ainsi explicitement d’un critère de qualité pour le pesticide, à la notion de toxicité pour ses métabolites (cf. risque sanitaire). Ce faisant on risque de facto de ne plus considérer des métabolites de pesticides problématiques, alors qu’il sont éventuellement plus toxiques que certains pesticides auxquels s’applique d’office le critère de 0.1 µg/l (cf. par exemple avec le métabolite de pesticide 2.6-dichlorobenzamide (BAM) qui est a priori plus toxique que le pesticide Glyphosate – critère toxicologique de 66 µg/l vs 900 µg/l – source: Anses). Par ailleurs, l’accumulation de ces multiples métabolites dans des eaux de consommation humaine peut conduire à des effets cocktails potentiellement néfastes encore peu étudiés, et non maîtrisés.

* Indicateurs des pesticides dans le monde / Pesticides – Use per area of cropland (kg/ha) (source: FAO)

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(2) Le chlorate

Le Chlorate, est d’abord un herbicide maintenant heureusement interdit en Europe à cause de sa toxicité et sa rémanence dans les nappes phréatiques. Mais il reste malheureusement un sous-produit fréquent de techniques de désinfection de l’eau par chloration qui continue à impacter la chaîne alimentaire. « Depuis les années 1970, on s’est aperçu que de nombreuses substances potentiellement toxiques se forment suite à des réactions chimiques entre les produits désinfectants chlorés (biocides) et la matière organique présente dans l’eau » (cf. Chloration de l’eau : entre désinfection et sous-produits toxiques, l’art subtil du compromis – The Conservation March 29, 2020 6.33pm BSTJustine Criquet).

Quelques contaminants potentiels emblématiques de ce type comme le Chlorate*, le Chlorite, et les Acides halocétiques ont enfin été inclus dans le projet de nouvelle législation européenne sur la qualité des eaux de consommation humaine (cf. Dossier interinstitutionnel 2017/0332 (COD)Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (refonte) – Accord politique du 24 février 2020). Mais curieusement, concernant le Chlorate, les critères retenus pour l’eau potable (0,25 et 0,7 mg/l) sont beaucoup moins sévères que ceux applicables aux denrées alimentaires (par exemple maximum 0,01 mg/kg pour l’alimentation infantile et 0,05 mg/kg pour la plupart des fruits et légumes – RÈGLEMENT (UE) 2020/749 DE LA COMMISSION du 4 juin 2020 & ACTION PLAN « maintaining the MRLs for foods intended to infants and young children at 0,01 mg/kg« ). Le critère légal déjà applicable au Danemark pour l’eau potable est de 0.05 mg/l pour le chlorate, pour le chlorite et pour la somme « chlorate + chlorite » (source : Retsinformation).

En Région wallonne, un programme de recherche dans ce domaine baptisé SEMTEP a été financé par les autorités compétentes, mais le rapport finalisé en 2019 par le Groupement d’Intérêt Scientifique pour la Qualité des Eaux (GISREAUX), n’a été rendu public le 5/11/2020 (lien : SEMTEP) qu’après intervention d’un citoyen via le point de contact Convention d’Aarhus de la Région  wallonne. Il visait « la reconnaissance de substances émergentes dans les eaux (traitées) de distribution publique. Les substances étudiées étaient, outre les pesticides, les acides halo-acétiques formés par la chloration de l’eau, d’autres sous-produits de la chloration, le chrome hexavalent (forme la plus toxique du chrome), les perchlorates (perturbateurs hormonaux présents dans certaines nappes suite au stockage souterrain massif d’obus lors de la 1re guerre mondiale et l’utilisation importante d’engrais chiliens par l’agriculture au milieu du 20e siècle), chlorure de vinyle et dérivés« .

Curieusement, les auteurs de ce rapport SEMTEP justifient, sur la base d’un « avis », qu’aucune analyse n’a été réalisée pour ce paramètre chlorate (ou pour le chlorite) dans des « eaux potables » traitées par chloration.

En Flandre, le critère guide retenu dans le rapport « Kwaliteit van het drinkwater – 2018 » publié le 23 octobre 2019 par le Vlaamse Milieu Maatschapij (VMM) est celui de l’OMS (0.7 mg/l), le plus laxiste.

Pourquoi ne pas suivre les autorités compétentes du Danemark¹ et des Pays-Bas² qui imposent depuis longtemps des méthodes de désinfection de l’eau potable moins problématiques que la chloration ?

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Eau secours ! Refusons la politique de l’Autruche !

¹ Levels of perchlorate and chlorate in foods available in Denmark (cf. Poster session presented at 12th European Pesticide Residue Workshop, Münich, Germany – Herrmann, S. S., & Poulsen, M. E. – 2018)

² The Dutch secret: how to provide safe drinking water without chlorine in the Netherlands (cf. Drink. Water Eng. Sci., 2, 1–14, 2009).

* Belgium revealed the highest levels of chlorate in municipal drinking water with a mean of 0.378 ± 0.216 mg/l (cf. Why chlorate occurs in potable water and processed foods: a critical assessment and challenges faced by the food industry – Food Additives & Contaminants: Part A – Volume 33, 2016 – Issue 6 – Pages 968-982).

* Contribution of tap water to chlorate and perchlorate intake: A market basket study (cf. Science of The Total Environment – Volumes 463–464, 1 October 2013, Pages 199-208).

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chlorate & perchlorate

CRITERES pour EAUX & DENREES pour chlorate perchlorate pesticides métaux

CHLORATE et PERCHLORATE - 02

(3) Le perchlorate

Le Perchlorate est un autre contaminant majeur, de type perturbateur endocrinien, lié aux activités militaires (comburant, munitions), pyrotechniques (explosifs), mais également présent sous forme d’impureté dans de nombreux produits comme l’eau de Javel, le chlorate de soude ou les nitrates inorganiques chilien³. Curieusement il a été oublié dans le projet de nouvelle législation européenne sur la qualité des eaux de consommation humaine. Pourtant ce perturbateur endocrinien fait, à juste titre, l’objet de critères sévères dans la législation pour les denrées alimentaires (par exemple maximum 0,01 mg/kg pour des aliments pour nourrissons et 0,05 mg/kg pour la plupart des fruits et légumes – RÈGLEMENT (UE) 2020/685 DE LA COMMISSION du 20 mai 2020).

Aux Etats-Unis, le Massachusetts Department of Environmental Protection considère un critère de 2 µg/l (0,002 mg/l) dans l’eau potable pour ce contaminant. Et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) met en avant un guideline value de 70 µg/l (0,07 mg/l)(cf. Perchlorate in Drinking-water – Background document for development of WHO Guidelines for Drinking-water Quality – WHO/SDE/FWC/16.46)

Dans la métropole européenne de Lille, il est officiellement déconseillé d’utiliser de l’eau du robinet pour les biberons des bébés de moins de six mois, en raison de sa forte teneur en perchlorates (LILLE: L’EAU POTABLE POLLUÉE PAR DES MUNITIONS DATANT DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE).

Et même à Genève, siège de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les nappes phréatiques sont touchées par ce polluant (Gestion de l’eau potable: le Grand Genève doit mieux coopérer).

En Région wallonne, le rapport SEMTEP (lien : SEMTEP) (cf. rendu public, le 5/11/2020, après intervention d’un citoyen via le point de contact Convention d’Aarhus) donne des résultats interpellants concernant le perchlorate, avec près de 10 % des sites de surveillance « eaux brutes » qui ont une teneur supérieure à 5 µg/l (0.005 mg/l). Pour information, en France, le critère de potabilité appliqué pour les nourrissons est fixé à 4 µg/l (0.004 mg/l)(cf. exemples d’interdiction d’usage de l’eau du robinet pour les nourrissons à Bordeaux en 2011, et à Lille en 2019-2020). Et aux Etats-Unis, le critère de potabilité fixé par le Massachusetts Department of Environmental Protection est de 2 µg/l (0.002 mg/l) pour ce contaminant.

Pourquoi les autorités européennes ont oublié ce polluant majeur dans leur projet de nouvelle législation sur la qualité des eaux de consommation humaine ?

AutrucheEau secours ! Refusons la politique de l’Autruche !

³ Recherche des origines de la pollution en perchlorate impactant des captages d’eau potable au sein des AAC de la région de Nemours et Bourron- Marlotte (77) et (45) (cf. Rapport final BRGM/RP-64840-FR – Novembre 2015)

« Comprendre et ne pas juger » (Georges Simenon) / « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » (Albert Camus) / « Si vous ne comptez pas, vous ne comptez pas » ou « sans statistiques, l’Union Européenne ne joue pas dans le jeu et n’existe pas » (Benoît Frydman – RTBF – CQFD – 19/05/2020)

« De 1914 à 1918, le monde occidental opère une mutation radicale. Les armes deviennent chimiques, leur impact sur l’homme et l’environnement est inédit jusqu’alors, et se poursuit jusqu’à ce jour » (Isabelle Masson-Loodts – Paysages en Bataille)

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Déclin des populations d’amphibiens

Aujourd’hui, le phénomène de déclin des populations d’amphibiens affecte des milliers d’espèces et est reconnu comme une des menaces les plus sévères, en termes d’espèces disparues ou menacées. La grenouille devient un symbole de l’effondrement de la biodiversité de notre planète (Wikipedia).

Je t’aime petite grenouille !

Il hou van je kleine kikker !

I love you little frog !

Jeg elsker lille frø ! Jeg elsker deg lille frosk ! Jag älskar dig lilla groda ! Ich liebe dich, kleiner Frosch ! Te amo pequeña rana ! Ti amo piccola ranocchia ! Te amo paulo ranae ! Te dua bretkocë e vogël ! porakapepeketua ! broască ! sapo ! žabe ! žabu ! żabę ! béka ! zaitut ! varde ! varlės ! sammakkoa ! kurbağa ! βάτραχο ! жаба ! лягушка ! գորտ ! मेंढक  ! 개구리 ! ගෙම්බාqurbağa ! katak ! 青蛙 ! 蛙 ! ضفدع 

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Et le Monde devint silencieux – Comment l’agrochimie a détruit les insectes (Stéphane Foucart – SEUIL 2019)

Le crime est presque parfait – L’enquête choc sur les pesticides et les SDHI (Fabrice Nicolino –  LLL 2019)

Eau secours ! Refusons la politique de l’Autruche !

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A record number of 1 346 tonnes of illegal pesticides taken off the market in 2020 global operation Silver Axe (EUROPOL – 03 June 2020)

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Les défenseurs de l’environnement pris pour cible (AMNESTY INTERNATIONAL)

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Dark Waters – les PFAS, des substances utilisées à des fins domestiques ou industrielles, considérées comme perturbateurs endocriniens, que l’on retrouve dans l’eau courante un peu partout dans le monde.

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Publicité Sauvegarde du Peuple

Démocratie = Election et/ou Tirage au sort ?

Urgence de ralentir ?

La planète des humains

L’illusion verte ?

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Conférence de l’astrophysicien Aurélien Barrau sur la thématique de la sauvegarde de la planète. Il était invité par Jacques Dubochet, professeur honoraire et lauréat du Prix Nobel de chimie 2017, dans le cadre du cycle de conférences Envies d’agir (Université de Lausanne – jeudi 3 octobre 2019)

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